vendredi 8 avril 2016

2011 Scandinavie - Pays baltes

Dimanche 4 septembre 2011   

A 9h30, départ avec Viviane en Boxer, depuis Bischoffsheim (Bas-Rhin) où nous avons passé la soirée et la nuit chez Brigitte et Jean-Marie Martz.
Nous franchissons le Rhin et passons en ALLEMAGNE. Nous traversons le pays vers le nord, par les autoroutes : Karlsruhe, Frankfurt, Kassel…
A 18h, nous faisons halte au camping « Am Müggelsee », au bord d’un plan d’eau, à Hildesheim (Land de Basse-Saxe). Nous sortons la table et les chaises de camping à l’extérieur. Ce sera la seule fois de notre voyage !

Lundi 5 septembre 2011

Poursuite de notre voyage par Hannover, Hamburg, jusqu’au Land de Schleswig-Holstein. Après Lübeck, nous quittons l’autoroute.
Dans ces pays plats et venteux aux abords de la mer Baltique, de nombreuses éoliennes emplissent l’horizon. L’Allemagne, contrairement à la France, n’a pas mis tous ses œufs dans le même panier, en diversifiant son énergie.
Nous atteignons l’île de Fehmarn, sur la mer Baltique, accessible par un pont. Nous gagnons le port de Puttgarden. En attendant l’heure d’embarquer, nous mangeons dans le fourgon en contrebas d’un chemin de digue. Le temps est instable et le vent froid. Nous faisons le plein de gazole avant de passer au Danemark, vu les prix pratiqués là-bas.
A 16h45, nous embarquons sur un ferry pour ¾ d’heure de traversée du détroit de Fehmarn.
Sur le pont, j’observe le manège d’un goéland argenté qui suit le navire et vient se poser régulièrement au même endroit sur un canot de sauvetage.
Nous débarquons au DANEMARK, sur l’île de Lolland, à Rødbyhavn.
Il n’y a pas de contrôle : c’est une frontière Schengen, comme tous les pays que nous allons parcourir pendant notre voyage.
Nous traversons l’île de Lolland, faisant halte à Maribo pour retirer des couronnes danoises à un distributeur de billets. On remarque beaucoup d’éoliennes aussi sur cette île plate. Par un pont, nous gagnons l’île de Falster et par une digue atteignons l’île de Møn.
Nous nous présentons à 19h à l’entrée du camping Møns Klint. A l’orée d’une forêt, au bord d’un lac, c’est un grand camping familial ultra-équipé à la manière scandinave. La réception est déjà fermée. On s’installe librement sur une terrasse en fond de terrain.
Un lièvre familier explore les emplacements du grand camping vide.

Mardi 6 septembre 2011

Ce matin, il y a du monde à la réception. Nous réglons notre dû avant de quitter le camping.

Nous visitons le site de Møns Klint en une promenade à pied au-dessus des falaises blanches, site impressionnant formé il y a 20 000 ans lors de l’avancée des glaciers















Par la suite, nous traversons l’île en voiture sur la route des églises. Celle de Magleby est en brique rouge, à l’intérieur austère. 


Celle de Borre également en brique rouge possède un intérieur plus classique. 


Toutes deux sont environnées de charmants cimetières sobres et végétalisés. 


Nous retrouvons avec plaisir, 22 ans après notre passage avec Alexia et Caroline, la blanche église d’Elmelunde, la plus ancienne de l’île : un petit joyau avec de somptueuses fresques.



Par une digue, nous quittons Møn, traversons la petite île de Bogø et gagnons la grande île de Seeland.
Dans l’après-midi, nous nous dirigeons vers Copenhague. A 19 kilomètres au sud de la capitale, à Greve, on s’arrête pour 16h dans un camping. Derrière la réception, dans un enclos, évoluent quelques écureuils de Thaïlande…

Mercredi 7 septembre 2011

Par un petit sentier, nous rejoignons la station ferroviaire. Nous prenons le train pour KØBENHAVN (Copenhague) où nous allons passer la journée
Nous traversons Tivoli, un grand parc d’attraction qui date de 1843. [Je l’avais parcouru il y a 33 ans avec Christine.] 



Attractions foraines (grande roue, montagnes russes…), palais moghol, pavillon chinois, étangs japonais, théâtre de pantomimes, restos en tout genre (chers, bien entendu !). Sur le lac, la magnifique frégate St-Georges III…


Passant devant le Rådhus, l’hôtel de ville, (de style mi-Moyen Age nordique, mi-Renaissance lombarde), nous parcourons le quartier Strøget, centre névralgique de la ville.


Nous prenons le repas dans un restaurant du centre-ville, le Riz Raz, conseillé par le Guide du Routard : buffet à volonté, pas dispendieux.
Dans l’après-midi, nous parcourons la ville. Nous longeons l’ancienne Bourse, à la haute flèche et aux pignons ouvragés.


Nous flânons devant le château de Christiansborg avec le Folketinget (parlement). On atteint Nyhavn, la carte postale de Copenhague : vieux gréements figés pour l’éternité le long d’un canal au quai envahi de vieilles maisons colorées et de terrasses de restaurants. C’est notre souvenir le plus vif de notre passage avec les filles en 1989. Aujourd’hui, avec le temps instable, la luminosité est extraordinaire. Brusquement le ciel se noircit, une averse diluvienne nous surprend sur le quai.



Passage obligé : la place Amalienborg, un ensemble architectural de quatre palais identiques, dont celui de la reine.
Pour finir, (non, nous n’irons pas revoir la Petite Sirène !) nous nous dirigeons vers le quartier alternatif de Christiania.
Expérience innovante de nouvelles formes de vie sociale il y a quarante ans, la « ville libre de Christiania » est née dans un ancien quartier militaire : 22 hectares de terrain, des bâtiments en dur, des hangars, des rues, le tout ceint par un muret, à deux pas du centre de la capitale. Un mouvement de squatt s’opère et bientôt plusieurs centaines de jeunes occupent les lieux, retapent les bâtiments, créent des ateliers, des boutiques et mettent en place une forme de vie alternative. Les pouvoirs publics laissent faire et vont jusqu’à reconnaître l’expérience.
Christiania est toujours debout, mais pour combien de temps ? Sa survie est régulièrement remise en cause par les autorités. L’idée utopique d’abolition de la propriété privée est battue en brèche par la spéculation immobilière qui lorgne sur ce bel espace « vierge ». 


L’endroit donne l’impression d’un chantier inachevé, presque d’un bidonville. C’est un enchevêtrement de rues, de chemins où la voiture est bannie, d’entrepôts vides, d’ateliers d’artistes, de baraques de bois, de boutiques, de temples bouddhistes, de centres de méditation en tout genre, de petits restos et de bars. Je prends une seule photo à l’entrée du quartier, car dès l’allée centrale, la « rue aux dealers », fleurissent partout des pancartes indiquant que les photos sont interdites. Le visiteur est souvent vu comme un voyeur…

Après cette plongée dans un monde marginal, nous retournons vers la gare, fatigués de nos pérégrinations. Attention aux vélos ! La ville est un paradis pour les cyclistes. Les garages à vélos sont innombrables sur l’espace public le long des quais. Les cycles sont garés un peu partout, pas attachés, juste cadenassés avec une pince sur la roue arrière…


Nous sommes de retour au camping pour 17h.

Jeudi 8 septembre 2011

A 10h40, par le pont routier de l’Öresund, jeté sur la mer Baltique, nous atteignons la SUEDE.
Le 1er janvier 1995, la Suède a intégré l’Union européenne.

Nous faisons halte à Lund, au nord de Malmö. Après avoir changé des euros en couronnes suédoises, nous nous baladons à pied dans la bourgade. Nous visitons la cathédrale aux murs noircis, la plus ancienne église épiscopale de Scandinavie. Le clou de la cathédrale, c’est son horloge astronomique du XIVe siècle. Elle fonctionne à midi pile. Et bien entendu, nous arrivons trop tard ; la séance vient de se terminer !
Nous nous promenons dans les rues et ruelles pavées de cette ville animée, siège d’une université réputée. 


A l’angle de deux rues, une petite boutique ancienne a été reconstituée.


Nous mangeons dans un restaurant sur « Stortorget », la place centrale. Pour moi, ce sera un plat à base de hareng arrosé d’une bière locale, le seul alcool accessible à nos portes-monnaies.
Avec la baisse de la couronne, la Suède n’est plus un pays meurtrier pour le portefeuille, par rapport à ce que l’on avait connu en 1989. Au resto, la somme que l’on dépense est en rapport avec le moment auquel on s’y rend. Les formules de midi sont vraiment tout-à-fait abordables. Par contre, le soir, un simple plat à la carte revient deux à trois fois plus cher que le menu du midi.

L’après-midi, nous faisons route vers la côte est jusqu’à Kalmar.
Kalmar est une des plus vieilles villes de Suède. C’est dans celle-ci que fut célébrée en 1397 l’Union de Kalmar qui rassemblait sous une même couronne le Danemark, la Suède et la Norvège.
Nous nous installons à 18h30 au « Stensö camping », vaste, aéré, dans un cadre naturel de forêt où l’on a l’impression d’être en pleine nature. Par la suite, après le jeu de scrabble, la balade de nuit sera très agréable.

Vendredi 9 septembre 2011

Avant de quitter la ville, à 10h, nous allons visiter le Länsmuseum de Kalmar. On y découvre notamment les vestiges d’une épave sous-marine, le « Kronan », un bateau échoué au XVIIe siècle. Nous ressortons du musée  à 11h40.
Reprenant la route, nous faisons halte près d’un lac ou une baie d’eau saumâtre, à midi. 


On a la surprise d’y apercevoir des méduses aurélies (Aurelia aurita). Cette espèce cosmopolite prospère sur les littoraux rocheux du monde entier.


On remonte maintenant vers le nord, le long de la mer Baltique, que l’on n’aperçoit  d’ailleurs pas, cachée par les immenses forêts.
Les panneaux routiers signalent régulièrement la présence d’élans.
Et justement j’aperçois tout-à-coup, en une brève vision, une femelle en train de brouter un arbuste non loin du grillage protégeant la voie rapide. Ce sera la seule fois du voyage!
Nous approchons de Stockholm. Au sud-ouest de la ville, après quelques recherches, nous trouvons un camping à 19h. Installé en zone urbaine, divisé en grandes sections carrées, et quasiment complet, ce n’est pas vraiment ce que nous cherchions ; mais vu l’heure, nous n’avons plus tellement le choix. On se retrouve coincés au milieu des camping-cars et caravanes. Bah, la nuit va bientôt tomber ; il suffira de mettre les obturateurs pour s’isoler !

Samedi 10 septembre 2011

Nous prenons le métro pour nous rendre à STOCKHOLM.
Nous arrivons en ville à 10h. 


Notre premier souci : prendre des billets de bateau pour la poursuite de notre voyage vers les îles d’Åland. Pour cela, nous passons tout d’abord à la compagnie Viking Line pour réserver notre traversée.
Nous mangeons dans un restaurant sur la place « Järntorget », dans la vieille ville. Par la fenêtre, nous observons des étudiants grimés (sans doute pour des bizutages) qui se succèdent pour se faire prendre en photo auprès d’une statue très réaliste d’un homme qui lorgne vers l’axe principal. [En 1989, nous avions pris cette statue en photo.]

Nous parcourons ensuite à pied les placettes et les ruelles de la vieille ville « Gamla Stan », la cité médiévale resserrée sur son île. C’est le quartier touristique par excellence. Très belles maisons à pignon.



Comme il se doit, nous passons devant le château royal, visitons la cathédrale et nous rendons sur la place Kungsträdgården, vaste esplanade très animée. On y reconnaît le grand jeu d’échec dessiné sur le sol, un peu délavé, il est vrai.
Pour avoir une vision d’ensemble de la ville, répartie sur 14 îles à l’embouchure du lac Mälaren, nous effectuons, de14h à 16h, un circuit en bateau-mouche autour des îles de Stockholm. Nous avons de la chance, il fait beau. Depuis les écluses de Slussen, qui relient le lac Mälaren à la mer Baltique, on aperçoit l’ascenseur de Katarina qui mène à une plate-forme perchée à une hauteur de 38 m.


Quand nous débarquons, on se promène à pied sur Drottninggatan, le principal axe piéton commerçant.
Ça suffit pour aujourd’hui. On rejoint la station de métro et l’on rentre au camping pour 17h30.

Dimanche 11 septembre 2011

On quitte le camping vers 10h en direction du golfe de Botnie. Arrivés à 11h30 au bord de la mer à Kapellskar, nous nous reposons et mangeons dans le fourgon aux abords d’une réserve naturelle.
A 15h, on embarque sur un ferry de la Viking Line pour une traversée de deux heures vers l’archipel d’Åland.
Le « tourisme alcoolique » bat son plein sur ces liaisons maritimes.
La réglementation sur l’alcool, en Suède comme en Finlande est toujours digne de la reine Victoria. Les magasins d’Etat ont le monopole de la vente d’alcool. Hors des eaux territoriales, l’alcool n’est plus taxé. Seuls les ferries faisant escale dans un port ålandais sont autorisés à conserver une boutique duty-free.
Le navire atteint à 18h (heure locale, due au changement de fuseau horaire), Mariehamn, la capitale de l’archipel d’Åland (état autonome associé à la FINLANDE), au milieu de la mer Baltique entre Suède et Finlande.

En janvier 1918, lorsque la Russie reconnaît l’indépendance de la Finlande, Åland demande son rattachement à la Suède. Pendant la guerre civile finlandaise, la Suède s’y installe durablement jusqu’à ce qu’elle en soit délogée par l’Allemagne qui restitue l’archipel à la Finlande. En 1921, la Société des Nations tranche en reconnaissant la souveraineté finlandaise.
L'Etat libre associé d'Åland est doté d’un régime d’autonomie élargie. L’archipel possède son propre parlement. En 1954, il s’est doté d’un drapeau. Il émet ses propres timbres depuis 1984. Lorsque la Finlande est partie prenante d’un traité international, le consentement du parlement ålandais est nécessaire pour qu’il entre en vigueur sur l’archipel. Aussi, en 1994, Åland a organisé son propre référendum sur l’adhésion à l’Union européenne, après de longues négociations. Les Ålandais tenaient pour vital la pérennité du commerce duty-free qu’il était prévu de supprimer sur toute les liaisons intérieures à l’Union.

Après notre débarquement, nous cherchons le camping Gröna Udden, indiqué par le GdR. C’est un grand terrain ombragé en légère pente jusqu’à la mer. La réception est fermée, mais l’espace est accessible et les sanitaires en état de fonctionnement. On y remarque une tente et deux camping-cars. Nous aussi, nous allons nous y  installer, juste au bord de l’eau.


Lundi 12 septembre 2011

Au matin, la grisaille gomme le paysage. Seuls quelques cygnes tuberculés et deux grèbes huppés se détachent à la surface de l’eau.


On s’arrête à la réception, mais il n’y a personne pour encaisser la nuitée.
Nous passons la matinée à Mariehamn.
Seule ville de l’archipel, Mariehamn est coincée entre ses deux ports sur une longue et étroite péninsule, en un quadrillage de rues. En dehors du centre, les avenues sont bordées de tilleuls.
Nous nous rendons d’abord au siège de la Viking Line puis faisons un arrêt à la Poste pour acheter des timbres à Serge. Ici, l’on paye en euros. Comme la Finlande, Ǻland fait maintenant partie de la zone euro. Nous remarquons l’immatriculation spécifique des voitures.


Certaines possèdent un code international minéralogique lui aussi spécifique : AX au lieu de FIN. De plus, la seule langue officielle de l’archipel est le suédois.

Nous parcourons la ville, qui n’a pas de charme particulier avec ses rues symétriques.
Nous déjeunons dans un restaurant, le Nautical, une des meilleures tables de la ville. De la fenêtre, vue sur le port et le voilier Pommern.


Après le repas, nous visitons sous la pluie le bateau-musée Pommern (Poméranie). C’est un quatre-mâts à coque d’acier qui n’a pas navigué depuis 1939, mais « on dirait que l’équipage vient de le quitter » (GdR). Du pont jusqu’à fond de cale, on revit l’aventure de ce navire utilisé pour transporter le blé de l’Australie vers l'Angleterre jusqu'au début de la Seconde Guerre mondiale.


Alors que la pluie se calme, encore une promenade dans le quartier sud, qui possède quelques joyaux d’architecture en bois finlandaise de la fin du XIXe siècle…
















A partir de 14h30, nous parcourons en voiture l’île principale vers le nord jusqu’à la commune de Geta. Par une piste forestière au travers d’une forêt sauvage, nous atteignons le mont Geta (99 m d’altitude). Presque de la montagne ! Une magnifique forêt nordique, couverte de lichens si épais que l’on dirait de la neige. C’est la forêt boréale, la taïga















Au sommet, tout un panorama sur la côte nord de l’île. Et en plus, il s’arrête de pleuvoir !

Nous reprenons la route de Mariehamn. 

Nous nous retrouvons pour 18h au camping Gröna Udden . Cette fois, il n’y a plus personne… et le soleil fait quelques apparitions.


Mardi 13 septembre 2011

Comme hier, nous ne rencontrons personne à la réception, lorsque nous quittons le camping.
Nous effectuons ce matin un parcours en voiture vers le sud jusqu’à Järsö. La route serpente le long d’un chapelet d’îlots parsemés de coquettes maisons colorées, jusqu’à atteindre un petit port. 















Il nous faut par la suite retourner à Mariehamn pour nous diriger vers l’île de Lemland. Au départ d’un petit parking, nous nous promenons à pied sous la pluie vers la chapelle Lemböte, perdue en pleine forêt, parmi les rochers, les feuillus et les résineux.
















Retour à Mariehamn. Nous mangeons à nouveau au Nautical.

Nous gagnons le port et, à 14h25, nous embarquons sur un ferry de la Viking Line pour la Finlande.
Pendant plus de cinq heures, le bateau se faufile dans un entrelacs de terre et d’eau, parmi des îles de toutes tailles et de toutes formes : plates-formes herbeuses, criques abritées, plages de sable, tapis de myrtilles… Parcours pittoresque dans un univers minéral, végétal et aquatique…
















Vers 17h15, le bateau atteint l’archipel de Turku, en FINLANDE et slalome à travers les îles. Puis il ralentit son allure, le chenal devenant plus étroit.















A 19h50, nous débarquons sur le continent à Turku, après plus de cinq heures de traversée.

A l’instar de la Suède, le 1er janvier 1995, la Finlande a intégré l’Union européenne.

A la tombée de la nuit vers 20h30, nous atteignons le camping Solliden, à Parainen (en finnois) ou Pargas (en suédois), à 27 km de Turku, sur une des principales îles de l'archipel de Turku, reliée par un pont au continent.
La Finlande possède deux langues officielles : le finnois et le suédois. Le suédois est parlé essentiellement dans le sud et le long de la côte du golfe de Botnie. Dans ces régions, les panneaux routiers sont indiqués dans les deux langues.
Bien utile, le GPS, pour retrouver de nuit et sous la pluie ce camping indiqué par le Routard.
Superbe, dans une pinède au bord de la mer. Dans une petite roulotte, un sauna.

Mercredi 14 septembre 2011

En quittant le camping, on cherche à visiter une église dans un village que nous ne trouverons pas.
On se dirige alors vers Naantali, au nord-est de Turku, délicieux petit port de pêche et de plaisance, aux belles maisons de bois. C’est la terre d’accueil des Moumines, ces drôles de trolls qui évoluent dans un univers étrange aux personnages abracadabrants. On les croise à chaque coin de rue, dans les boutiques… La vieille ville a conservé son plan médiéval. Beaucoup de maisons en bois des XVIIIe et XIXe siècles portent le nom des bourgeois qui les ont fait construire. Très touristique en été, ce petit port retrouve maintenant son authenticité. 


Nous grimpons vers l’église, vestige du monastère Sainte-Brigitte, fermée pour cause de réfection. De là, on aperçoit au loin un manoir de granit gris : la résidence d’été de la présidente de la République.
On redescend vers le port. Comme il pleut à nouveau et qu’il est l’heure de manger, on se réfugie au restaurant Merisali, dans une pittoresque maison de bois ocre sur pilotis. La formule-déjeuner, le « lounas », est un buffet de poisson, d’un bon rapport qualité-prix. La Finlande est un pays économiquement développé où les prix sont naturellement élevés. A midi, il est toujours possible de manger bon marché. Par contre, le soir, tout comme en Suède, les prix explosent.
On retourne à la voiture, parcourant les rues aux maisons de bois de la vieille ville.




Durant l’après-midi, nous allons faire route vers la Finlande centrale par Tampere jusqu’à Mänttä (62°02’ de latitude nord).  A cette latitude, la forêt prend déjà des couleurs d’automne.
En plus des espèces dominantes de sapins et d'épicéas, la forêt boréale, ou taïga, comporte également de nombreux feuillus, notamment les bouleaux, les saules, les peupliers et les sorbiers.
Nous faisons halte à 18h30 en pleine nature, sur une clairière au bord d’une piste forestière et en bordure d’un lac.
                                                                    
Jeudi 15 septembre 2011

Le jour se lève sous la bruine dans la forêt jaunissante.


Derrière la ceinture de bouleaux et d’épicéas, quelques vaguelettes agitent la surface du lac, trahissant la présence de quelques oiseaux d’eau. 


Je l’avais remarqué hier soir pendant ma balade de nuit : à quelques pas de nous, un chalet en rondins sous forêt, au bord du lac, avec une grange et un sauna dans des baraques voisines ; en face, un embarcadère avec une barque pour la pêche.  




Un endroit de rêve, idyllique… Habitué aux rudesses des interminables hivers, le Finlandais se ressource au contact permanent avec la nature. Tout Finlandais se doit d’avoir son chalet d’été au bord de l’eau. Pour l’heure, celui-ci est inoccupé. Mais il y aura probablement du monde ce week-end.
L’automne, c’est la saison des baies, et l’humidité ambiante favorise l’explosion des champignons, des mousses et des lichens. On découvre dans les allées forestières d’énormes champignons.














On reprend la route vers le sud, longeant le lac Päijänne jusqu’à Lahti. Le lac s’étire sur 119 km. C’est le deuxième lac de Finlande ainsi que le plus profond. Il alimente Helsinki en eau potable grâce à un aqueduc de 120 km.
En Finlande, les lacs sont rois. On les contourne par de longues digues naturelles de terre et de pierres, étroites et sinueuses. Paysage unique et fascinant. Variété des contours, des arbres et des îlots.
On a l’occasion pendant le trajet d’apprécier le comportement des Finlandais au volant. Ils respectent strictement les règles de limitation de vitesse, et de fait les excès de vitesse sont rares. En ville, le piéton est roi. On est prié d’oublier nos méthodes de beaufs à la française ! Il faut noter aussi l’obligation de rouler en feux de croisement jour et nuit, comme dans les autres pays scandinaves d’ailleurs.
Après Lahti que nous ne visitons pas, nous roulons jusqu’à Helsinki. Nous nous installons à 15h30 au « Rastila camping » à l’est de l’agglomération. Ouvert toute l’année, c’est encore un camping de ville, le plus proche du centre, où l’on vient s’entasser juste au pied des immeubles.
Quelques champignons au large chapeau trouvent toutefois le moyen de se développer sur un petit espace herbeux près de l’entrée. (La boîte d’allumettes, c’est pour se faire une idée de la taille !)


Vendredi 16 septembre 2011

A une station proche du camping, nous prenons le métro pour aller passer la journée à HELSINKI.
Port marchand ouvert sur le golfe de Finlande, la capitale, avec ses belles et larges avenues tracées au cordeau, ne possède pas de vieux centre tel qu’à Copenhague et Stockholm. En 1809, la Suède vaincue cède la Finlande à la Russie. Ravagée par un incendie l’année précédente, la ville fut profondément modifiée selon un plan orthogonal conçu par l'architecte prussien Carl Ludwig Engel.
Débarquant près de la gare centrale (bâtiment Art nouveau construit entre 1910 et 1914), nous nous orientons d’abord vers les bureaux de la Viking Line. Ces formalités réglées, nous dirigeons nos pas vers l’Esplanade, large avenue séparée par un terre-plein verdoyant, œuvre d’Engel elle aussi. La ville offre une confrontation architecturale permanente entre néoclassicisme, Art nouveau et architecture contemporaine.


On atteint la place du Sénat, symbole d’Helsinki, ensemble architectural néoclassique d’une très grande homogénéité dans le style sévère et très russifiant de Carl Engel. Elle est bordée par les bâtiments de l'université, le Conseil d'Etat et la cathédrale luthérienne. Toute blanche et majestueuse, en haut de ses escaliers, la cathédrale, « Tuomiokirkko », ne fait pas dans la fantaisie. L’intérieur est d’une sobriété et d’une austérité toute luthérienne.


Nous dirigeant vers le port, nous montons vers la cathédrale orthodoxe. Héritage de la domination russe, toute de brique rouge, elle offre un contraste saisissant avec la blancheur de la cathédrale luthérienne. Mais aujourd'hui, c'est jour de fermeture !


On se retrouve au port. 


La place du Marché, au pied du palais de la présidente, est un alignement d’édifices néoclassiques.
Un marché populaire s’étale à ses pieds. Amoncellement de légumes, de baies sauvages, de poisson fumé et de girolles. On y mesure tout au litre ! Des étals proposent le litre de girolles à six euros. Incroyable, pour un pays avec un tel niveau de vie ! 















On déambule également dans le pittoresque marché couvert, avec ses échoppes en bois rouge.
Nous mangeons une assiette de friture sur le marché, attablés près d’un stand. Nous sommes intrigués par le manège d’une femme asiatique qui débarrasse notre couvert et récupère la bouteille de bière vide. Ainsi de table en table. Ensuite, elle fait les poubelles du marché et emplit son sac à dos des bouteilles qu’elle récupère. En effet, dans les supermarchés on trouve un automate où introduire les emballages vides, à la suite de quoi il vous restitue de la monnaie ou un bon valide aux caisses.

Dans l’après-midi, pour se rendre au musée, on passe à « Temppeliaukion kirkko » (l’église dans le Rocher). C’est une église circulaire en partie creusée dans la roche, avec une acoustique parfaite. Unique ! 


De 14h à 16h, on visite le musée national, sis dans un bâtiment Art nouveau de la grande avenue Mannerheimintie : une revue de toute la Finlande au travers de riches sections historiques et ethnographiques.
Retour à pied vers la station de métro. Impossible de rater le musée d’Art contemporain Kiasma, grande arche lumineuse au design résolument contemporain. 


Sur Mannerheimintie, d’immenses publicités à l’américaine envahissent les façades d’immeubles au bas desquels déambulent des tramways colorés…


Par le métro, nous sommes de retour au camping pour 17h.
A 20h, un tintamarre aérien nous fait sortir du fourgon, comme un tonitruant concert de coups de klaxon et de sons de trompettes. Un vol de grues cendrées en migration  passe à une altitude si vertigineuse que l’on ne peut les apercevoir. En revanche leurs cris puissants parviennent jusqu’à nous. Impressionnant…

Samedi 17 septembre 2011

Nous reprenons le métro pour passer une deuxième journée à Helsinki. Au centre-ville, on essaie de prendre un bus. L’attente est longue, et lorsque l’un parvient enfin, il ne s’arrête pas ! Ce sera donc à pied que nous allons rejoindre le parc et le monument Sibelius. Dans un parc agréable, s’élève le monument Sibelius, une forêt d’acier de 580 tubes qui évoque autant de grandes orgues qu’une forêt de bouleaux ! Difficulté pour le prendre en photos, vu le nombre de cars de touristes qui défilent sur le site. J’y parviens enfin, le dernier Japonais parti, car il est plus de midi et les groupes disparaissent aussi rapidement qu’ils sont arrivés.
 Œuvre d’Heila Hiltunen qui l’a nommée Passio Musicae, ce monument édifié en l’honneur du compositeur Jean Sibelius a donné lieu à l’une des querelles les plus virulentes du pays. Avec le temps, le consensus s’est fait.


Sortant du parc, nous prenons un bus - avec succès -  pour nous rendre au musée de plein air de Seurasaari. Situé sur une île, c’est un grand parc témoin de l’habitat traditionnel finlandais. Corneilles mantelées et bernaches du Canada nous accueillent à l’entrée du parc. 















Mais d’abord, se sustenter. Nous mangeons des salades dans un café du parc, seul établissement encore ouvert à cette époque.
Par la suite, on se balade parmi les moulins à vent, fermes, granges, boutiques, églises, qui ont été reconstruits dans un environnement naturel forestier. 















Les écureuils, familiers, viennent vous manger dans la main. 


L’accès au parc est gratuit, par contre les intérieurs reconstitués sont payants. Seulement voilà, tous sont fermés. On se contentera de l’extérieur.
Après cette jolie balade dans l’île, on retourne en bus au centre-ville puis en métro jusqu’au camping. La fatigue se fait sentir.
Le camping s’est considérablement vidé. C’est sûr, personne ne songe à visiter une ville un dimanche.

Dimanche 18 septembre 2011

On quitte le camping à 9h avec le fourgon, vers le centre-ville. On passe sur la place du Marché. Très restreint en ce dimanche matin, le marché rassemble quelques étals, mais surtout des babioles pour touristes. Nous y achetons tout de même des girolles (que nous ferons sécher dans le Boxer) mais aussi des peluches d’élans ou de rennes ainsi que des écharpes pour les petits-enfants.
A 11h30, nous embarquons sur un ferry de la Viking Line, pour une traversée du golfe de Finlande jusqu’aux pays baltes.
A 14h, le bateau arrive au port de Tallinn, en ESTONIE.

L'Estonie fait partie de l'Union européenne depuis le 1er mai 2004.
Membre de l'espace Schengen depuis décembre 2007, l'Estonie a intégré la zone euro le ler janvier 2011, c'est-à-dire tout récemment.

Quittant le port en contournant la ville, nous roulons jusqu’au parc national de Lahemaa, sur la côte nord. A une heure de voiture de Tallinn, c’est un sanctuaire estonien de la nature.
Nous le parcourons en voiture, 19 ans après notre premier passage en 1992. Diversité des paysages : rivières, marécages, lacs, cours d’eau et charmants petits villages.
Nous sommes en recherche d’un lieu pour passer la nuit. A l’intérieur du parc, le camping et les feux de camp sont interdits en dehors des zones prévues à cet effet. A 17h45,  nous dénichons à Lohja un site autorisé au bivouac, dans une forêt de conifères et au bord d’un lac.
Un endroit tranquille et isolé au bout d’une piste forestière.

















A une dizaine de mètres de nous, une famille termine la journée autour d’un feu de camp, faisant griller les poissons de sa pêche. A la tombée de la nuit, la voiture quitte les lieux, nous laissant seuls au bord du lac.

Lundi 19 septembre 2011

Après une nuit bien tranquille, petite balade matinale en forêt. Dommage qu’un dépôt de déchets un peu plus loin vienne polluer les lieux… Il est vrai que nous ne sommes plus en Finlande !
A 11h, nous arrivons à TALLINN. Nous entrons en ville et stationnons sur un petit parking payant à côté d’un marché.
Nous dirigeons nos pas vers la ville médiévale. Tout son patrimoine est concentré dans les limites de l’ancienne enceinte fortifiée. Eglises, monastères, édifices publics, maisons de marchands bâties au Moyen Age puis remaniées dans le style gothique au XVsiècle, l’âge d’or de la cité.


La place de l’Hôtel de Ville est le cœur de la ville basse, avec de nombreux cafés et terrasses. En 1992, nous étions installés  sur une de ces terrasses au soleil. Aujourd’hui, c’est sous la pluie que nous visitons la ville.















Pour manger, le guide du Petit Futé nous propose un restaurant russe. Viviane refuse d’y entrer, car il s’agit d’un caveau accessible par un étroit escalier… Autre proposition, un restaurant tzigane. Il n’existe plus ! Un restaurant de tradition allemande a pris le relais, et la cuisine qui va avec… Il est situé aussi dans un caveau, avec de grosses tables de bois bancales. En tout cas, le menu est copieux.

Nous flânons dans un dédale de rues et ruelles. On reconnaît le passe-muraille de Marcel Aymé. Nous grimpons vers la colline de ToompeaOrigine de la vieille ville, cette colline devint à l’époque germanique le bastion de la noblesse et du clergé tandis que la ville basse était le refuge des artisans et des commerçants.
Nous longeons la cathédrale orthodoxe Alexandre Nevsky, symbole de la Russie tsariste, sans y pénétrer. Des travaux gâchent la puissance du bâtiment qui se découpe dans le ciel de Tallinn. L’église du Dôme, par contre, est un des plus vieux édifices de Tallinn. L’intérieur possède plusieurs monuments funéraires intéressants.
Toujours sous la pluie, on emprunte la rue Pikk, la rue la plus célèbre de la vieille ville qui était au Moyen Age celle des artisans et des commerçants. Tout au long de la rue, on peut encore observer leurs anciennes demeures dont les derniers étages servaient d’entrepôts pour les marchandises.
Nous faisons encore quelques achats dans un grand magasin, juste au carrefour de la nouvelle ville et du centre historique  (jouets en bois et médaillons d’ambre). On remarque que les girolles sont beaucoup moins chères qu’en Finlande.
La capitale estonienne a pris des allures d’une grande ville d’Europe du Nord. En 20 ans d’indépendance, la métamorphose s’est produite à un rythme fulgurant. Les magasins vides aux ternes devantures ont cédé la place à d’innombrables commerces, bars, restaurants.

On rejoint le Boxer. Vers 16h, nous arrivons dans les quartiers nord, à l’embouchure de la rivière Pirita. Nous nous installons au port de plaisance, sur un espace réservé aux caravanes et camping-cars. Nous n’avons pas le choix, il n’y a pas d’autre camping ouvert à cette époque. Nous sommes garés sur les quais, face aux bateaux, près d’une borne d’électricité pour se brancher. Il y a des toilettes ouvertes dans le bâtiment derrière nous. C’est juste à côté du centre olympique. La ville a accueilli les jeux Olympiques de 1980 pour les épreuves nautiques, le reste se déroulant à Moscou.

Mardi 20 septembre 2011

Au matin, nous allons prendre une douche dans les locaux du centre olympique.

Quittant Tallinn, nous faisons route vers le sud, traversant le centre de l’Estonie. Terres agricoles, paysages forestiers, lacs et vallées.
Nous parvenons pour midi à Viljandi, une ville tranquille située dans une vallée dominée par un lac. On mange dans un restaurant situé au quatrième étage d’un centre commercial : service sous forme de buffet.
L’après-midi, on se balade dans les rues paisibles de la vieille ville, sous un soleil retrouvé : de belles maisons en bois, une charmante place ombragée.




  











Des fraises géantes mènent au musée d’art naïf  devant lequel trône une sculpture d’un aveugle et son chien.


Une curiosité : le château d’eau. Construit en 1911, c’est une étrange tour surmontée d’un chapeau en bois. 


On atteint, à l’extrémité d’un pont suspendu, les ruines d’un château édifié au début du XIIIe siècle par les chevaliers Porte-Glaive. Du haut de la forteresse, on a une magnifique vue sur le lac.


Nous retrouvons notre camping-car et poursuivons notre trajet jusqu’à Valga. On contourne les anciens bâtiments de la douane, abandonnés, et nous entrons en LETTONIE à 15h40.
A l’instar de l'Estonie, la Lettonie est membre de l'Union européenne depuis le 1er  mai  2004.

De l’autre côté de la frontière, à Valka, j’entre dans une banque pour changer des euros contre des lats, la monnaie actuelle de la Lettonie.
Nous roulons en direction de Rīga. Le parc automobile a bien changé depuis 1992. Le nombre de belles voitures a de quoi surprendre dans ce pays dont le niveau de vie est toujours un des plus faibles de l’Europe des 27.
On arrive en vue de la capitale. Il va nous falloir traverser la ville. Et là, c’est la galère… Plus de GPS (utilisable uniquement dans l’ancienne Europe occidentale) pour nous guider. Des embouteillages, et bien sûr des travaux. Il nous faudra demander notre chemin pour parvenir à nous orienter.
Nous arrivons à Jūrmala (30 km à l’est de la ville) à la tombée de la nuit. Lieu de villégiature et station thermale, considérée comme la Côte d’Azur lettone, c’est une succession de quinze villages de pêcheurs rattachés administrativement en 1959, situés sur une bande de terre de 30 km² entre la mer et la rivière Lielupe. Nous atteignons à 20h le camping Nemo, indiqué par le Petit Futé. La grille d’entrée est fermée. Un gardien survient, qui nous informe en russe que l’on peut s’installer et nous ouvre la porte. Nous y sommes seuls, hormis un camping-car finlandais.

Mercredi 21 septembre 2011

Situé à côté d’un parc aquatique fermé à cette saison, le camping est lui aussi déserté. Des bergeronnettes grises virevoltent au milieu d’un alignement de bungalows défraîchis datant de l’époque soviétique.
Avant de sortir, nous réglons à la réception deux nuits de camping.
Nous prenons un minibus pour nous rendre à Rīga. Il va nous falloir changer de véhicule en cours de route, car nous n’avons pas compris ce que nous a dit le chauffeur. A ce sujet, il faut noter le peu d’amabilité dans les services publics ! D’une manière générale, la population semble froide et neutre, peu communicative. Le rouleau compresseur soviétique est passé par là. Toutefois, depuis quelques années, les Baltes semblent retrouver le sourire et tentent de sortir de la grisaille.

RĪGA : 800 000 habitants. Une ville démesurée par rapport à la taille du pays, la plus citadine des trois capitales baltes, la plus cosmopolite aussi. Depuis la liberté retrouvée, la ville est en plein boom.
Débarquant à la gare routière, nous nous dirigeons tout d’abord vers le marché central dans le quartier Maskavas. C’est le quartier le moins sécurisé de la ville et le moins restauré. Le marché central est situé dans trois anciens hangars de zeppelins. A l’intérieur des hangars ou dehors sur les étals sont proposés des produits traditionnels du pays vendus par les paysans. C’est aussi le spectacle de la misère et de la précarisation où de vieilles femmes vendent tout ce qu’il est possible d’écouler. Les personnes âgées, surtout les Russes, vivent à la limite du seuil de pauvreté.
Les problèmes de citoyenneté entre russophones et lettons ne sont pas totalement résolus. La minorité russe est encore mise à l’écart. 17% de la population sont des « non-citoyens », assimilés à des apatrides dont les droits sont pratiquement identiques à ceux des Lettons (hormis le droit de vote et l’obligation de faire le service militaire). A Rīga, presque la moitié de la population est russophone, ce qui fait que l’on entend plus parler russe dans la rue que letton.
Nous prenons le repas dans un restaurant proposé par le Petit Futé, « Province ». Dans un beau cadre campagnard à l’atmosphère feutrée, ce restaurant est spécialisé dans les mets lettons à des tarifs bon marché.


Viviane demande si elle peut obtenir un verre à bière pour sa collection. Après un premier refus, la serveuse revient et l’autorise à emmener un verre, mais… discrètement !
Nous parcourons à pied la vieille ville, inscrite sur la liste du patrimoine mondial de l’Unesco en 1997. Nous déambulons dans un dédale de rues pavées avec ses monuments restaurés, ses églises et ses vieilles bâtisses à l’influence germanique héritée du temps de la Hanse.
On reconnaît les Trois frères, ensemble de trois maisons d’habitation en pierre aux façades étroites les plus vieilles de la ville, datant du XVe siècle. Nous visitons l’église Saint-Pierre, qui marque le profil de la ville par sa flèche singulière, église luthérienne qui a été catholique jusqu’en 1523, époque de la Réforme. Egalement, l’église Saint-Jean.
Nous passons devant la Maison du chat noir, jolie bâtisse Art nouveau, dont le chat est le symbole de Rīga. 


On retrouve des impressions de déjà vu dans certaines rues où en juillet 1992 nous avait promené une habitante de la ville. 


Sur Ratslaukums, la place de l’Hôtel de ville, s’élève la maison des Têtes Noires, considérée comme le plus beau bâtiment de Rīga.


Nous visitons enfin le musée de l’Occupation, qui retrace la domination des nazis et des Soviétiques sur la Lettonie depuis 1940. L’entrée du musée se fait par donation.
Avant de quitter la ville, nous faisons quelques achats dans une boutique (jouets pour les petits-enfants).

Nous sommes de retour en bus au camping Nemo pour 17h20. Le camping-car des Finlandais est toujours là.

Jeudi 22 septembre 2011

A 9h20, nous quittons Jūrmala pour nous diriger vers l’ouest.
Tout au long de la route, comme partout dans les pays baltes, nous rencontrons des ruines d’anciennes fermes collectives du régime soviétique, les kolkhozes. La plupart sont maintenant abandonnées, certaines servent d’entrepôts pour les paysans.


A midi, arrivée à Liepāja, sur la mer Baltique. Nous allons d’abord manger au restaurant de l’hôtel Liva, un lieu branché qui propose une cuisine traditionnelle et raffinée.
Par la suite, nous visitons la galerie Promenade, dans l’hôtel éponyme. Un endroit superbe qui expose peintures, arts graphiques et photographies. Puis petite balade sur l’ancien port militaire, dont l’entrée était interdite  sous le régime soviétique, et qui dynamise aujourd’hui l’activité économique de la région.


Contraste entre l’impressionnante église orthodoxe de la ville construite par le tsar Nicolas pour les militaires marins, et les HLM soviétiques qui l’entourent.
On a l’intention de faire un tour dans le parc Jurmalas, mais une pluie soudaine et violente nous en empêche. Il nous reste à retrouver le fourgon, en prenant garde aux nombreux tramways colorés qui traversent la ville, moyen de transport pratique et populaire par excellence.


L’après-midi, nous roulons vers le sud, longeant la mer Baltique. Nous faisons un détour  pour pénétrer dans le parc national de Pape. Située entre la mer et le lac Papes, vers la frontière avec la Lituanie, cette réserve naturelle est un lieu unique d’observation des oiseaux migrateurs mais aussi des chevaux et bœufs sauvages. Notre incursion sera trop brève pour apercevoir quoi que ce soit !
Et à 16h20, sous les bâtiments désertés de l’ancien poste-frontière, nous passons en LITUANIEComme ses deux voisins, la Lituanie fait partie de l’Union européenne depuis le 1er mai 2004.

On s’arrête à Palanga, la plus grande station balnéaire de Lituanie.
Avant la première guerre mondiale, des villes de Lituanie comme Memel (Klaipėda) et Palanga étaient véritablement les centres mondiaux du commerce et de l'industrie de l'ambre. Cette résine fossilisée se présente sous forme de cailloux, le plus souvent transparents et orangés mais également dans des teintes plus foncées. C’est à cette résine que le littoral balte doit son surnom de « côte d’Ambre ». L’ambre, appelé souvent « l’or balte » était très recherché depuis l’Antiquité. Comparativement aux prix pratiqués en France, il reste encore très abordable pour les touristes.
Arrêt dans une banque pour obtenir des litas, la monnaie de Lituanie. Nous traversons plusieurs fois la ville, espérant trouver un camping, mais en vain. Ce n’est que plus loin, au sein du parc régional Pārujo que nous dénichons vers 18h un petit camping vide à Kakkle. On s’installe. Il n’y a personne pour nous accueillir, mais l’électricité est encore branchée et un WC extérieur en bois est accessible. Par contre, pas de douche. Environnement agréable avec des baraquements et des murs construits en rondins.
A la nuit, je fais une balade jusqu’à la plage en contrebas. On entend de la musique non loin de là. Plusieurs voitures sont garées sous les arbres. Le lieu n’est donc pas désert.

Vendredi 23 septembre 2011

Avant de partir, nous faisons tous les deux une petite balade sur la plage. L’environnement de dunes est protégé, dans le cadre du parc régional. Le vent souffle et la mer est tourmentée.



On retourne au camping, non sans remarquer des lépiotes qui poussent sur les abords.


Au moment de partir, par acquis de conscience, je fais le tour de la baraque principale, genre de gîte, pour voir s’il y a quelqu’un de vivant, hormis les deux chatons intrigués par ma présence dans les lieux.

Nous reprenons la route, contournons Klaipėda pour rejoindre les rives du fleuve Niémen.
Nous approchons de l’enclave russe de Kaliningrad. Par curiosité, nous nous détournons jusqu’à la frontière de Sovetsk, sur le Niémen. On observe des files d’attente au poste-frontière.
Coincée entre la mer Baltique, la Lituanie et la Pologne, l’enclave de Kaliningrad est aujourd’hui territorialement séparée de la Russie depuis la chute de l’URSS, cernée par l’Union européenne.
Un peu plus loin, nous cherchons un endroit pour la pause de midi. Pourquoi pas au bord du Niémen ? Pas possible : tous les accès au fleuve sont interdits, vu la proximité de la frontière. On s’arrêtera donc plus loin.

La route jusqu’à Kaunas se déroule dans la campagne lituanienne. De nombreux nids de cigognes, en cette saison abandonnés, ponctuent le parcours. La cigogne représente un symbole très fort dans le pays, où son départ fin août rappelle l’envol de la Lituanie
Nous sommes frappés par le nombre de belles voitures qui circulent. Les Lituaniens sont prêts à s’endetter sur des années et à se serrer la ceinture pour pouvoir se payer une grosse cylindrée allemande ! Quant à la conduite, les routes lituaniennes sont réputées dangereuses à cause de l’imprudence des conducteurs. Petit à petit, surtout venant de Finlande, nous avons observé la dégradation des comportements.
A partir de Kaunas, nous empruntons une autoroute. Nous approchons de Vilnius. La circulation devient de plus en plus intense. Nous bifurquons pour atteindre vers 18h un camping, repéré sur la carte routière, à Trakai (à 30 km à l’ouest de la ville), au bord d’un grand lac. Nous ne sommes que trois camping-cars, exceptionnellement français !
L’humidité est importante, qui nous transit.
                                                                   
Samedi 24 septembre 2011

Au matin, on se rend au centre de Trakai où l’on stationne le Boxer. On rejoint à pied la gare routière où se tient le marché. Le ciel est plombé, la tristesse des lieux est infinie. Au marché aux fleurs, des femmes âgées attendent le chaland en essayant de se réchauffer à côté des étals.


La gare routière elle aussi est sinistre. Et puis, toujours le manque d’amabilité des employés !
On finit par trouver un bus qui nous mène à VILNIUS.
Débarquant de la gare routière, nous rejoignons à pied la vieille ville.
D’abord l’église baroque Saint-Casimir,
puis la place Rotušės (place de l’ancien hôtel de ville), rénovée, envahie par les enseignes étrangères. On descend la rue Didžioji puis la rue Pilies, rues pavées aux nombreux étals et terrasses, jusqu’à la place de la Cathédrale.
L’ensemble de la place, avec le beffroi de la tour de l’Horloge, séparé de la cathédrale, a été magnifiquement rénové. Au bout de la place, la statue équestre du grand-duc Gediminas, fondateur de Vilnius a été inaugurée en 1996. La même année, les statues des saints lituaniens, mises de côté à l’époque soviétique, ont retrouvé leur place sur le toit de la cathédrale. 


Pendant la période soviétique, la cathédrale était devenue une galerie de peinture. Depuis l’indépendance, le grand édifice blanc a repris ses offices religieux quotidiens.
Les Lituaniens, de forte tradition païenne, ont été les derniers peuples d’Europe à être christianisés de force dès le XIVe siècle du fait de l’alliance avec la Pologne catholique. Mais le paganisme est encore bien vivant et a retrouvé sa vigueur après la disparition de la tutelle soviétique. L’adoration des divinités de la nature est un phénomène de société dont l’ampleur est nulle autre pareille en Europe.

Nous retournons dans la rue Pilies pour prendre un repas dans un restaurant. Cuisine locale, arrosée d’une bière Svyturys. Le vin ne figure pas sur les tables baltes à l’heure du repas, car son coût est trop élevé. De toute façon, culturellement, la bière et la vodka sont les boissons les plus populaires.
L’après-midi, nous arpentons la Perspective Gedimino, artère principale, la plus commerçante et la plus animée. C’est aussi l’entrée dans la ville nouvelle. De plus aujourd’hui, se déroule une fête de rue, avec animations, chants traditionnels et folkloriques, stands de produits locaux en tout genre. La rue est fermée à la circulation. Nous progressons lentement, vu l’importance de la foule.
Plus loin, nous atteignons la place Lukiškių où se dressait il y a quelques années encore la statue de Lénine, depuis déboulonnée. En face se situe le musée des victimes du génocide (musée du KGB) que nous visitons. Installé dans les anciens locaux du KGB et de la Gestapo, le musée retrace l’enfer des prisonniers politiques, emprisonnés et interrogés dans les cellules que l’on peut visiter. Musée très réaliste qui aide à comprendre la souffrance des Lituaniens sous la domination soviétique. Frissons garantis !

Sur le chemin de retour vers la gare routière, on profite d’un peu de soleil pour faire halte à une terrasse de bistro sur la place Rotušės.  Ensuite, nous rentrons en autobus à Trakai où nous retrouvons le Boxer. Nous arrivons au camping à 18h45.

Dimanche 25 septembre 2011

Trakai est une ancienne cité médiévale qui s’étire dans une péninsule entourée de grands lacs, dans un cadre naturel magnifique. Capitale et résidence des grands-ducs au XIVe siècle, son château fortifié de brique rouge a été édifié sous Gediminas sur une île du lac Galvė.
L’île est l’unique parc historique du pays et le plus petit parc national.


De10h à 11h45, nous visitons le château et musée de Trakai. Un décor de légende !


L’ensemble se compose du palais des grands-ducs, entouré d’un mur défensif, et d’un avant-château, séparé du palais par un profond fossé.


En début de visite, le nombre de touristes est encore supportable ; mais plus l’heure avance, plus les groupes envahissants s’imposent. Il est vrai que nous sommes dimanche. La visite du musée est assez pénible, parce qu’il y a trop de monde… Dommage !

Nous allons maintenant rouler vers Alytus et retrouver la route que nous avions empruntée en 1992 pour entrer dans le pays et en sortir. Après la grisaille de ces derniers jours, le beau temps semble revenu. Le soleil est généreux et la température agréable.
En début d’après-midi, en direction de la frontière, je m’arrête brusquement. Sur le bas-côté, une immense tête de soldat soviétique taillée dans la roche en lisière de forêt… Elle n’a donc pas été supprimée ! En 1992, il y avait deux têtes de soldats. Celle porteuse de l’étoile rouge, trop ostensiblement soviétique, a disparu ! Je monte vers celle qui subsiste. En comparaison avec une photo prise lors de notre premier voyage, l’environnement de pins sylvestres autour de la sculpture est exactement le même qu’il y a 19 ans.


On arrive à Lazdijai. Et là on reconnaît les bâtiments déserts du sinistre poste-frontière où nous avions tant attendu en juillet 1992. Sur place, j’échange à un petit guichet nos derniers litas contre des złotys. Simplement, une voiture de police stationnée au bord de la route observe le passage de la frontière…
A 15h (14h, heure occidentale), nous passons en POLOGNEmembre de l’UE depuis le 1er mai 2004.
Après un retrait de złotys dans un distributeur d’une localité, nous traversons la Podlachie, une voïvodie du nord-est de la Pologne, passant à Augustów et Białystok, pour atteindre Białowieża, une bourgade forestière aux confins de la Pologne orientale.
On s’installe à 18h15 dans un petit camping proposé par le Guide du Routard : U Michala. Accueil par une vieille dame affable qui parle l’allemand. Petit terrain herbeux, proche d’une forêt.

Plus tard, sortant du camping lors d’une de mes habituelles promenades de nuit, je suis attiré par de longs et puissants mugissements graves et rauques provenant de la forêt proche. Nous sommes en pleine période de brame du cerf. Je contourne la clairière et la forêt sur la route obscure qui mène à la frontière biélorusse. Mais des propriétés privées empêchent l’accès à la forêt. Le concert de brame continue de plus belle. Toujours impressionnant !

Lundi 26 septembre 2011

Sur l’avenue toute droite qui mène au centre de la bourgade, un panneau  « Attention, passage de bisons » semble irréel. Il est surtout là pour le folklore !

Nous nous rendons à un bureau de tourisme. Nous prenons contact téléphonique avec un guide francophone. Rendez-vous est pris pour 11h. En attendant, nous nous promenons dans le parc du Palais. Vaste jardin à l’anglaise, il fait partie intégrante du parc national. Les tsars de Russie en avaient  fait  une de leurs  résidences, mais celle-ci brûla et il n’en reste que le nom et le parc. On aperçoit des restes du palais des tsars qui venaient là chasser le bison, ainsi que la maison du gouverneur et de jolis pavillons de bois.


A 11h, le guide nous retrouve. Nous allons faire ensemble un parcours à pied de 10 km dans la forêt du parc national de Białowieża (réserve intégrale).
A cheval entre la Pologne et le Belarus, situé sur la ligne de partage des eaux entre la mer Baltique et la mer Noire, le parc national est une immense forêt primitive qui reste sans doute la dernière forêt quasiment vierge d’Europe. Elle cache en son sein les derniers troupeaux de bisons sauvages du Vieux continent.
On traverse d’abord une prairie qui sert de transition avec la forêt.


On atteint le portique d’entrée en bois du parc lui-même. L’entrée de la réserve intégrale est étroitement surveillée. On ne peut y pénétrer seul. Un garde vérifie les autorisations d’entrée que lui présente le guide.


On s’immerge progressivement dans ce vaste massif de forêt ancienne, comprenant à la fois des conifères et des feuillus, au milieu de ces piliers vivants, dont certains atteignent 80 m de hauteur et plus de 400 ans d’âge. Białowieża conserve également de nombreux ormes, espèce qui a presque disparu de France.





En plus des bisons, la réserve renferme également quatre meutes de loups. Régulièrement chassés au Belarus, ils passent de plus en plus difficilement du côté polonais où ils sont protégés, depuis le renforcement de la frontière. Autres habitants de la forêt : des tarpans (petits chevaux de la Puszca), des lynx, des cigognes noires et quelques élans. Il y a plus de 60 espèces de mammifères, de plusieurs centaines d’oiseaux, d’insectes, de batraciens qui prolifèrent dans ce « poumon vert » de la Pologne.
Evidemment, vu l’heure à laquelle nous y pénétrons, en pleine journée, nous n’apercevrons pas de bisons. Mais c’est une sortie naturaliste de grand intérêt dans laquelle nous sommes plongés pendant trois heures, avec les explications très pointues du guide.


Quand on sort du parc à 14h, on paie une bière à notre guide. Après avoir mangé dans une auberge à l’entrée du parc, nous rentrons au camping.

Vers 17h, nous nous promenons dans la réserve de Stara Białowieża, ancienne réserve de chasse des rois de Pologne, des tsars russes, inscrite dans le réseau naturel de la biosphère par l’Unesco. Nous suivons l’itinéraire des chênes royaux, célèbre pour ses arbres monumentaux qui portent le nom de rois polonais et lituaniens. 


Au retour, nous cerclons  aux alentours de la frontière biélorusse. La route s’arrête, une piste prend le relais. Interdiction d’aller plus loin. Depuis l’entrée de la Pologne dans l’Union européenne, la frontière du Belarus est hermétique.
Ce soir, à la nuit tombée, je décide d’emmener Viviane écouter le brame du cerf. En vain ! Ce soir, les bêtes ne sont pas au rendez-vous…

Mardi 27 septembre 2011

Ce matin, comme nous désirons quand même voir des bisons, nous visitons de 9h à 10h45 la  réserve des bisons. C’est comme un grand zoo d’Europe de l’Ouest mais avec beaucoup d’espace et de verdure. Nous y apercevons un cerf en rut qui ne fait rien qu’harceler les deux biches de son enclos ! 



Egalement des lynx, des sangliers, une meute de loups, des tarpans, une femelle d’élan en chaleur qui rue et gémit dans l’espace réduit qui lui est dévolu.


Enfin, le troupeau de  bisons, avec un gros mâle placide, une femelle agressive qui protège ses petits et charge dès que l’on s’approche un peu trop près du grillage…
















On reprend la route vers le sud jusqu’en région de Petite Pologne, berceau historique de la Pologne. On passe à Lublin et on arrive non sans mal à 19h, à la tombée de la nuit, à Sandomierz, perchée sur une colline qui domine la Vistule.
On s’arrête au camping Browarny, que nous indiquait le Routard, derrière une station-service. Nous y sommes les seuls hôtes. Un petit étang, entouré de roseaux, agrémente les lieux.
Par la suite, à la nuit, j’emprunte un escalier qui mène en ville. Je flâne sur la place du Marché où les terrasses de restaurants sont encore très fréquentées, vu la douceur de la soirée.

Mercredi 28 septembre 2011

Avant de quitter le camping, nous montons en ville par l’escalier : la place du Marché est un bel ensemble de maisons bourgeoises où alternent gothique et style classique. Quant à la cathédrale, son déluge rococo connaît un fort regain de dévotion depuis que le pape Jean-Paul II y a fait une halte en 1999 !
A partir de 9h30, nous roulons vers le sud-ouest, traversons Kraków (Cracovie) sans nous arrêter (il faut faire des choix !) et atteignons Oświęcim (Auschwitz), en Silésie.
De 15h à 18h, nous visitons le camp d’extermination d’Auschwitz I. Dès que l’on franchit la sinistre enseigne « Arbeit macht frei », on atteint l’indicible. 


La masse de souffrance humaine, de désespoir et d’horreur  que renferme la terre du camp d’Auschwitz est infinie. C’est un endroit terrible qui symbolise le génocide perpétré partout en Europe contre les juifs et les Tsiganes, mais pas seulement : on estime que plus de dix millions d’Européens ont été victime du système concentrationnaire nazi entre 1933 et 1945.
Les bâtiments d’Auschwitz, qui étaient avant la guerre propriété de l’armée polonaise, ont été transformés en camp de concentration dès le début de l’année 1940. Au début, les prisonniers qui parvenaient à Auschwitz étaient soit des prisonniers de droit commun arrêtés par la Gestapo ou la Kripo, soit des prisonniers de guerre condamnés au camp de concentration. Mais dès 1942, selon le programme de « solution finale », les nazis y organisèrent la déportation systématique des « bâtards du genre humain » : juifs, gitans, homosexuels, témoins de Jéhovah, prostituées et asociaux, prisonniers politiques, résistants. Auschwitz était à la fois un camp de concentration et un camp d’extermination.


Le camp d’Auschwitz I est aménagé en musée. Plusieurs bâtiments de brique rouge, les « blocs », ont été transformés en salles d’exposition. On y trouve la seule chambre à gaz d’Auschwitz I qui n’a pas été détruite parce qu’elle était également destinée à servir d’abri antiaérien.

Après cette éprouvante visite, nous sortons du camp. Nous passons la nuit sur le parking du musée, aménagé avec des prises électriques pour les camping-cars. Mais les WC sont fermés…

Jeudi 29 septembre 2011

Au matin, nous allons prendre une douche payante dans le bâtiment attenant au restaurant.

Nous dirigeant vers le camp de Birkenau, nous faisons un arrêt à la Judenrampe, site dédié à la mémoire des juifs de France déportés à Birkenau. Un wagon de marchandise a été conservé sur un tronçon de voie ferrée par laquelle furent acheminés des milliers de juifs français. Ils étaient débarqués des wagons puis acheminés de force dans des camions jusqu’au camp de Birkenau tout proche.


De 9h45 à 11h30, nous parcourons le camp Auschwitz II – Birkenau, qui se trouve à Brzezinka, à 3 km du camp d’Auschwitz I.
Bien vite les nazis se rendirent compte qu’Auschwitz allait dépasser ses capacités. En 1941, Himmler ordonna la construction d’un deuxième camp à Brzezinka et décida de faire de ce complexe concentrationnaire un lieu d’extermination systématique.
On aperçoit de loin la sinistre silhouette de la porte d’entrée du camp. 


Sauvegardé en l’état, il s’étend sur une vaste plaine ceinturée au loin par une rangée d’arbres. Plus de 300 baraques y sont disposées géométriquement, dans un ordre précis, séparées par des barbelés en plusieurs unités.



Au centre, la voie ferrée, la tristement célèbre plate-forme, où les kapos sélectionnaient les déportés juifs, à proximité des chambres à gaz. 


1 km de l’entrée, on accède par un perron au monument à la gloire des victimes, inauguré en 1967, où un texte est inscrit en vingt langues. De part et d’autre du perron, les deux complexes abritant chambres à gaz et fours crématoires ont été dynamités par les nazis qui voulaient effacer les traces de leurs crimes avant de quitter le camp.


Cette immense usine de la mort est beaucoup plus éloquente que le musée du camp précédent. On en ressort bouleversés…

On reprend la route vers la frontière tchèque. Sur le trajet, nous nous arrêtons pour manger en terrasse d’un petit resto.
Au poste-frontière polonais, nous sommes assaillis par des rabatteurs qui veulent à tout prix nous diriger vers un guichet de vente de vignettes avec lequel ils sont en accointance. En République tchèque, la vignette est obligatoire sur autoroutes mais aussi sur certaines routes principales. On refuse, expliquant que nous ne prenons pas l’autoroute. Nous changeons tout de même nos derniers złotys contre des couronnes tchèques. Et puis on se dit que l’on devrait quand même acheter une vignette, ne connaissant pas les routes sur lesquelles elle obligatoire. Oui, mais voilà, ils n’acceptent que les złotys car nous sommes encore en Pologne. Bien ! Il va me falloir effectuer un nouveau change en sens inverse pour payer la vignette ! Ce n’est qu’après le pont sur la rivière Olše que nous entrons vraiment en Tchéquie, et là il y a bien entendu des guichets de vente de vignettes. On aurait pu se dispenser de ce double change…
A 14h45, nous entrons en République TCHEQUE qui, comme la Pologne et les pays baltes, est membre de l’UE depuis le 1er mai 2004.
Nous voyageons en Moravie jusqu’au nord de Brno. Non sans mal, nous égarant sur de petites routes, nous atteignons juste avant la nuit à 18h45 le camping Hana, conseillé par le GdR, à Veverská Bítýška. Un petit camping bien gazonné où là aussi nous nous retrouvons seuls.

Vendredi 30 septembre 2011

Ce matin, nous nous dirigeons vers Třebíč, une ville inscrite au patrimoine mondial de l’Unesco.
Nous y parvenons à10h20.
Nous désirons visiter la basilique Saint-Procope. Il faut prendre un guide au bureau de tourisme. Anecdote : j’essaie de m’exprimer en anglais ; alors l’employée me répond : « Désolée, je ne parle pas français.» Bien, je suis toujours aussi doué pour les langues ! Finalement, la visite se déroule en tchèque. Construite en 1260 et rénovée à plusieurs reprises, la basilique a conservé son style gothique et roman. A voir, surtout les peintures murales et la crypte, véritable forêt de colonnes.
Nous nous dirigeons vers la place Karlovo, avec ses nombreuses demeures patriciennes, notamment la maison Františkovský, avec ses magnifiques sgraffites.


Nous entrons dans le quartier juif, ancien ghetto qui longe la rivière Jihlava. Nous déjeunons en terrasse d’un petit resto au fond d’une placette. Le menu n’est affiché qu’en tchèque : ce sera donc au hasard que nous choisirons les plats. 
Par la suite, nous nous promenons au gré des ruelles pavées suivant leur tracé médiéval. De style Renaissance ou baroque, certaines maisons ont été rénovées, d’autres tiennent à peine debout.















Des plaques en anglais expliquent l’historique de chaque maison importante. 


Presque tout est intact : maison du rabbin, école, hôpital pour les pauvres. Nous visitons l’ancienne synagogue de Derrière, construite en 1669, avec des murs ornés de textes liturgiques en hébreu et une maquette du ghetto.
De retour par la place Karlovo, dans une boutique, nous apercevons en devanture des verres en cristal de Bohême. Se souvenant de Tábor, lors de notre voyage en 1995, Viviane n’hésite plus et achète une douzaine de verres, avec en plus un verre à bière locale, la « Bernard Pivo ( !) »

Nous quittons Třebíč à 14h30.
Route à l’ouest, vers la Bohême. Nous faisons halte à 17h15 dans un auto-camp (Jiři Neubauer) au bord d’un lac à Třeboň. Encore assez peuplé à cette saison, on y ressent l’influence autrichienne. D’ailleurs on s’adresse ici aux étrangers en allemand plutôt qu’en anglais.

Samedi 1er octobre 2011

On roule en Bohême méridionale. Après České Budějovice, la route serpente dans une région vallonnée où les paysages et l’architecture rappellent l’Autriche et l’Allemagne proches.
Nous approchons de la frontière allemande que nous passons à 10h55.
A partir de là, le GPS fonctionne à nouveau.
On s’arrête à Passau, en ALLEMAGNE.
Ville-frontière entre trois pays (Allemagne, Autriche, République tchèque), Passau se situe au confluent de trois cours d’eau (l’Ilz, l’Inn et le Danube) et regroupe aussi trois villages en un : Altstadt, Ilzstadt et Innstadt)…
Pour midi, nous mangeons au café Kowalski, recommandé par le Routard, situé sur les quais de l’Inn. 


On mange sur la terrasse dominant la rivière. Saucisses et bière allemande pour l’un, escalope viennoise pour l’autre. Viviane se renseigne (en allemand, s’il vous plaît !) pour savoir si elle peut obtenir un verre à bière. Elle revient avec une chope, et la serveuse lui en ramène une deuxième ! Pour payer, on retrouve l’euro. Ça simplifie la vie.
On va ensuite se promener dans le centre de la ville (Altstadt). On monte par des rues tortueuses vers Residenzplatz, jolie place bordée de vieilles demeures patriciennes. On gagne Rathausplatz qui s’étend face au Danube : vue sur la ville haute, Ilzstadt et son immense forteresse.


Au centre d’Altstadt, la cathédrale St-Etienne est un gigantesque édifice gothique devenu un haut lieu du baroque.


A l’intérieur, une nef très haute décorée de stucs et de fresques, et un très bel orgue de…17974 tuyaux !





















A partir de 14h30, nous reprenons la route, traversant la Bavière et contournant largement par le sud la grande ville de Munich pour éviter ses traditionnels embouteillages.
L’altitude augmente, la température fraîchit nettement lorsque l’on s’engage dans les Alpes bavaroises. Nous atteignons à 18h45 Oberammergau.
Ce village a acquis une réputation internationale pour son artisanat sur bois mais aussi pour ses représentations de la Passion du Christ.

On se dit : chouette, un petit camping de montagne. Mais en fait, on tombe sur un camping surpeuplé où il n’y a plus aucune place de libre. Mais pas question de repartir à cette heure. On nous propose de nous garer juste à côté de la réception, le lieu de passage le plus fréquenté du camping, vu que les sanitaires y sont aussi installés. On n’a guère le choix. On va se calfeutrer dans le fourgon, obturateurs en place.
Une explication à cette surpopulation : un week-end ensoleillé et surtout la fête nationale de l’Allemagne réunifiée, lundi 3 octobre.

Dimanche 2 octobre 2011

Nous quittons Oberammergau à 9h30, non sans remarquer le grand nombre de façades peintes qui ornent les fermes, les auberges et les maisons bourgeoises. On en trouve partout mais surtout dans la partie historique du village.
Nous faisons route en Bavière, par Füssen, Kempten et Memmingen pour atteindre le lac de Constance à Lindau.
Commence un embouteillage. C’est en roulant au pas que nous franchissons à 11h50 la frontière de l’Autriche, jusqu’à Bregenz. A partir de Bregenz, la circulation s’améliore, mais les agglomérations s’égrènent jusqu’à Feldkirch sur une quarantaine de kilomètres, longeant la frontière suisse.

Nous atteignons le LIECHTENSTEIN à 13h30. C’est la première frontière hors de l’Union européenne depuis notre départ. Le Liechtenstein ayant intégré l’espace douanier de la Suisse en 1923, le contrôle est effectué par les douanes helvétiques qui ont donc en charge la surveillance de cette frontière.
On s’arrête peu après la douane pour manger dans le Boxer. A Schaan, nous recherchons la chapelle Dux dont nous avons un souvenir qui date de 22 ans. Nous la retrouvons, toujours aussi jolie, mais un peu moins isolée : les maisons ont grignoté de l’espace tout autour.



Nous atteignons VADUZ. On stationne aux abords et l’on pénètre dans le centre-ville à pied par une vaste esplanade minéralisée devant le parlement de la principauté. On arpente « Städtle » et ses immeubles ultramodernes jusqu’à une grande place près du « Rathaus », l’hôtel de ville.
Depuis la rue, on aperçoit le château du prince régnant qui domine la petite ville du haut de son rocher.


Une fête populaire se déroule en ville, avec musiciens, stands et échoppes de produits locaux. Nous achetons deux pulls en laine pour les petits-enfants sur les lieux de la fête.
Aussi bizarre que cela puisse paraître, on éprouve quelques difficultés à trouver un distributeur de billets, dans cette place financière internationale. C’est à la poste que l’on va retirer des francs suisses, union monétaire oblige.

Nous quittons la ville et effectuons un trajet en voiture à l’intérieur de la principauté. La route grimpe rudement vers Triesenberg et Gaflei, faisant souffrir le Boxer. D’ailleurs, à l’arrivée à cette terrasse alpestre située à 1500 m d’altitude, le fourgon nous refait le coup de l’an dernier en Italie, à savoir un fusible qui saute lorsque s’allume le deuxième ventilateur. Heureusement, nous avons des fusibles de rechange !
Nous n’en continuons pas moins à monter vers la haute vallée centrale de la Samina et jusqu’à la station de ski de Malbun à 1602 m.
A nouveau dans la vallée de la Samina, nous faisons un arrêt à Stegancien alpage de la colonie de Walser de Triesenberg. Ce hameau abrite une idyllique chapelle de montagne à 1312 m d’altitude, la chapelle St Wendelin und Martin. Le soleil éclaire encore la montagne derrière la chapelle. 


Nous rencontrons un couple de personnes âgées qui ramassent des herbes au bord du torrent, nous expliquent leur utilité pour la santé et comment les préparer.

A 18h, de retour dans la vallée du Rhin, nous nous installons dans l’unique camping du Liechtenstein, aux abords de Triesen. [L’ancien camping Meierhof où nous avions dormi en 1985 et 1989 n’existe plus.] C’est un véritable village de chalets fleuris, avec quelques emplacements pour les gens de passage. Les tarifs sont les plus onéreux que nous ayons connus de tout notre voyage.

Lundi 3 octobre 2011

Nous quittons le Liechtenstein à 9h15, à hauteur de Balzers, traversons le Rhin et entrons en SUISSE
Nous empruntons une autoroute qui nous mène à Zürich.
Comme je n’ai pas pensé à emmener le GdR de la Suisse, c’est au hasard que nous entrons en ville. Nous stationnons derrière la gare et tentons de nous repérer. Il est 10h40. Sous le hall de la gare, nous achetons un plan de la ville.

L’agglomération zürichoise représente le plus grand centre urbain de la Suisse. Sa réputation en tant que place financière n’est plus à faire. Il paraît que sa Paradeplatz a un sous-sol truffé de coffres où sont planqués lingots d’or et valeurs en provenance du monde entier, incognito, secret bancaire oblige…
Nous gagnons les quais de la Limmat pour faire une promenade dans la vieille ville, essentiellement le quartier de la rive droite, le Niederdorf. A ses pieds, le Limmatquai longe la rivière. Nous flânons dans les ruelles piétonnes et animées du quartier. 


Les superbes maisons témoignent de la richesse des corporations. Elles abritent des terrasses de restaurants aux prix exorbitants et des boutiques de toutes sortes sous leurs arcades.
Nous visitons Grossmünster, la cathédrale qui veille sur tout le quartier. Datant des XIe et XIIe siècles, ce bâtiment d’apparence austère est devenu par la suite le centre de la Réforme en Suisse alémanique. Elle possède un étonnant portail avec des portes en bronze, une crypte aux magnifiques vitraux et des fresques bien conservées. 


Je grimpe dans la tour (entrée payante). De là-haut, on jouit d’une très belle vue sur la ville, le lac et les Alpes.


Dans un snack en ville, nous mangeons des hot-dogs, avant de retourner au Boxer. Il est 12h40. Pile ! Un contractuel est déjà à l’œuvre dans la rangée de voitures…

Il nous reste à quitter la Suisse alémanique et gagner la Suisse romande. Nous arrivons à Saint-Sulpice, près de Lausanne, chez Alexia et David vers 15h30.

Après être passés chez Caroline puis chez Jean-Lionel, nous rentrerons le 6 octobre à Saint-Apollinaire-de-Rias, en Ardèche, après 8234km de voyage.

*****

Ici se termine la troisième série de voyages entrepris de 2002 à 2011.
Une quatrième série commence : Carnets de voyages  à partir de 2012,
 sous l'adresse http://carnetsdevoyages4.blogspot.fr

2 commentaires:

  1. Gris de pluie, bastingages, pastels délavés... Pignons des maisons comme étrange alphabet... Méduses Aurélie... Comme air marin de certains Maigret... Y inscrire votre nouvelle policière ?

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  2. La prégnance de l'histoire et comme chape ou butoir, en campagne endormie, le calme létal de Brzezinka

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