vendredi 8 avril 2016

2010 Grèce - Bulgarie

Dimanche 12 septembre 2010

A 10h, Viviane et moi quittons en Boxer Pers-Jussy (chez Jean-Lionel et Patricia) pour un voyage vers la Grèce.
Nous traversons la Haute-Savoie et la Savoie, passant par le col des Aravis, le Cormet de Roselend. Au col du Petit-Saint-Bernard, nous entrons en ITALIE.
Vers 17h, nous tombons en panne dans la descente vers le Val d’Aoste : à l’occasion d’un arrêt à des feux tricolores de travaux, je coupe le moteur. Impossible de redémarrer. J’avais bien remarqué que depuis quelques temps la jauge de carburant était à zéro. Je fais deux allers-retours en stop pour chercher du gazole à La Thuile (ça ne s’invente pas !), à deux kilomètres en contrebas, croyant qu’il s’agit d’une panne de carburant. Rien à faire. Nous contactons l’assurance par téléphone et attendons sur place jusqu’à 21h l’arrivée d’un dépanneur  en provenance de Bourg-St-Maurice, en France. On passe le temps en faisant quelques parties de scrabble.
En fait, il ne s’agit que d’un fusible qui a sauté. Sans en comprendre les raisons, toutefois. Le dépanneur nous laisse quelques fusibles de rechange, au cas où…
Pour recharger la batterie que nous avons épuisée, nous roulons de nuit dans le Val d’Aoste jusque vers Pont-Saint-Martin. A 23h, nous faisons halte sur un parking, en bordure de la route, à Bart.

Lundi 13 septembre 2010

Nous quittons le Val d’Aoste et traversons le Piémont en empruntant les routes ordinaires. On se rend vite compte que le respect du code de la route est ici tout relatif !

On traverse Vercelli, qui trône au milieu des rizières de la plaine du Pô.
Après Novara, on décide d’emprunter l’autoroute pour contourner Milan. Peu après Milan, je m’aperçois que la jauge est à nouveau à zéro. A 11h30, je stationne sur un parking. En effet, même cause, même problème : nouvelle panne. Nous attendons un dépanneur qui nous transporte cette fois chez un concessionnaire Peugeot à Lodi.  Nous allons y poireauter jusqu’à 18h.
L’explication de la panne est trouvée, on peut repartir…
Oui mais, maintenant on est plongés en pleine circulation à la sortie de la ville, et on ne comprend rien aux panneaux directionnels, mal indiqués. Multiples allers-et-retours avant de trouver la bonne direction.
Nous roulons à travers la Lombardie jusqu’à Cremona, sur les rives du Pô. Nous nous installons à 19h30 dans un camping au bord du fleuve, que nous avait indiqué le garagiste de Lodi.
Peu de monde dans ce camping tristounet. Ça sent la fin de saison.

Mardi 14 septembre 2010

Ce matin, vu le retard accumulé depuis notre départ, nous décidons de continuer le trajet par l’autoroute : Brescia, Venezia…
A 12h45, nous entrons en Slovénie par Gorizia. A part un détour dans un village pour manger dans le fourgon et faire des courses dans une supérette, nous traversons le pays par l’autoroute.
A 16h50, nous quittons l’Union européenne et passons en CROATIE.
Nous roulons vers Zagreb. A 18h10, nous retrouvons l’« auto-camp » Lučko, aux abords de la ville, indiqué par le Guide du Routard et toujours aussi difficile à dénicher (cf. 28 août 2007). C’est le seul camping de Zagreb, situé derrière une station-service d’autoroute.

Mercredi 15 septembre 2010

Départ de l’auto-camp vers 9h30.
Nous traversons la Croatie par l’autoroute, à travers la Slavonie, dans la plaine pannonienne, grenier à blé de la Croatie.
A 12h40, nous arrivons en SERBIE, par la province autonome de Voïvodine. Nous changeons des euros en dinars serbes à la frontière.
Les panneaux indicateurs sont en caractères cyrilliques, doublés en caractères latins sur les grands axes. Peu après la frontière, nous sortons de l’autoroute pour emprunter des axes secondaires. L’alphabet cyrillique prévaut.
Nous achetons des légumes à un étal d’une paysanne en bord de route : excellentes tomates, sans comparaison avec les prix occidentaux. Un peu plus loin, nous faisons halte pour manger dans le fourgon.
Dans l’après-midi, nous roulons vers Belgrade par de petites routes, traversant Sremska Mitovica et Ruma.

C’est vers 17h que nous atteignons l’auto-camp Dunav, surplombant le Danube, à Zemun, en périphérie de Belgrade, où nous avions passé trois nuits du 3 au 5 septembre 2006. C’est un camping en terrasse au-dessus du Danube. Nous sortons la table et les chaises, au fond du terrain. Des campeurs belges viennent discuter avec nous. Nous leur offrons le pastis.
Le chien du camping fouine autour du fourgon. En contrebas, des barges remontent le fleuve…

Jeudi 16 septembre 2010

Le matin, nous quittons Zemun et faisons route vers la Serbie occidentale.
Prudence, vu l’état délabré des routes et la conduite scabreuse des Serbes !
Vers midi, nous atteignons Valjevo, sur les premiers contreforts des Alpes Dinariques dans un paysage de collines et de vallées. Nous retirons des dinars à un distributeur de billets puis faisons quelques courses en ville.
L’après-midi, après une pause au bord d’une route de montagne, nous roulons vers la Serbie centrale. La Choumadie est le cœur historique de la Serbie, là où les rois serbes ont installé leurs capitales et où se sont développés les plus beaux monastères de l’orthodoxie serbe.
Nous atteignons les gorges d’Ovčar-Kablar, parmi les plus belles de Serbie. La rivière Morava s’écoule en boucles resserrées formant des méandres qui sinuent tranquillement entre vallées et collines.
Douze petits monastères perchés sur les monts et collines surplombent la rivière. 
















Au cœur des gorges, on découvre à l’écart de la route, à 17h, le petit auto-camp d’Ovčar. Il semble fermé, et l’on s’apprête à repartir lorsque survient le gardien qui nous ouvre la grille. C’est un camp de caravanes, vraiment délabré. Les sanitaires sont dans un état déplorable. Mais au moins on bénéficie de l’eau et de l’électricité. Je doute que ce soit le camping conseillé dans le guide du Petit Futé !

Vendredi 17 septembre 2010

Quand on se lève, on se rend compte que trois caravanes ont été occupées cette nuit. On prend une douche de fortune. Quant aux toilettes, Viviane préfère sortir à l’extérieur du camping… Quand vient l’heure de partir, les grilles sont fermées. Je retrouve le gardien qui revient d’avoir fait ses courses. De toute façon, il possédait nos passeports.

Trajet en Serbie centrale, dans la vallée de la Morava. On passe par Čačak, Kraljevo, Trstenik et Kruševac.
On atteint la Serbie orientale, marquée par l’histoire et riche en sites archéologiques.

Nous arrivons à Niš à 13h45.
Située au carrefour des grandes routes reliant la Serbie avec les Balkans orientaux, la deuxième ville du pays, « porte entre l’Orient et l’Occident », est un nœud de communication pour le trafic venant d’Europe centrale et aboutissant en Grèce ou en Turquie.
Nous entrons en ville et nous frayons un passage dans l’intense agitation du marché central, coloré, populaire, aux accents orientaux. Nous stationnons à hauteur de la gare routière, près de la Porte d’Istanbul.
Aux alentours de la place du Roi de Milan, nous nous promenons dans le centre-ville piétonnier puis prenons place à la terrasse d’un restaurant. Nous y mangeons des ćevapčići  (petits rouleaux de viande cuits au feu de bois et servis avec des oignons) arrosés d’une pivo.  Et Viviane s’arrange pour récupérer un verre à bière pour sa collection.
Après le repas,  nous traversons la ville à pied pour nous rendre jusqu’à la Tour aux Crânes. Le parcours est plus long que prévu, et nous avons du mal à faire comprendre aux passants ce que nous cherchons. Finalement ce seront des militaires qui nous indiqueront le monument.
C’est un gardien parlant français qui nous explique l’historique du site.
En mai 1809, le voïvode Stevan Sinðelić, à la tête de 3000 soldats serbes, perd une bataille capitale contre 10000 Turcs. En représailles et en guise d’exemple, 952 crânes sont empilés, disposés en étages, formant une tour de plusieurs mètres de hauteur. Dans l’histoire serbe, Sinðelić est devenu un héros de la résistance contre les Turcs. Emblématique de la ville, ce monument est unique au monde. La tour est restée en plein air jusqu'à la libération de Niš en 1878, détériorée par les conditions atmosphériques ou le déplacement des crânes par des parents des rebelles tués. En 1892, avec des donations recueillies partout en Serbie, une petite chapelle a été construite pour protéger ce qu’il en restait. Aujourd'hui, seulement 58 crânes y subsistent.
Nous revenons au centre-ville par un autobus urbain et visitons la forteresse ottomane.
Construite entre 1719 et 1723 sur le site d’un ancien castrum romain puis d’un fort byzantin, elle constitue le plus important fort médiéval de Serbie, après Kalemegdan, à Belgrade. On y pénètre par la Porte d’Istanbul. On trouve à l’intérieur l’ancien arsenal, un ancien hammam et la mosquée Bali-Beg rénovée qui accueille aujourd’hui une galerie de tableaux.


A côté de ces monuments ottomans, il subsiste des vestiges de thermes et de villas romaines.

Nous quittons Niš dans la soirée ; nous recherchons un endroit pour dormir aux abords de la ville. Sur ces entrefaites, il me faut changer une roue, car j’ai un pneu à plat. Opération un peu galère, sur une entrée d’autoroute. En neuf ans, je n’avais encore jamais eu l’occasion de changer une roue sur le Boxer !
On finit par trouver un auto-camp désaffecté derrière un motel au bord de l’autoroute à l’entrée de Niš. Site et bâtiments désertés, emplacements envahis par la végétation. Dommage ! Ce devait être un beau camping.

Samedi 18 septembre 2010

Au matin, me promenant dans la friche, je suis apostrophé vertement par un des nombreux chiens errants qui hantent les campagnes. Ce doit être une chienne qui a mis bas dans un buisson.
A 7h30, à la station d’essence en contre-bas, nous rencontrons un mécanicien « providentiel » que nous suivons à son garage. Nous attendons jusqu’à 9h45 la réparation de la roue. En fait, il ne s’agit pas d’un pneu crevé, mais d’une valve qui fuit. Cependant, comme les pas de vis du moyeu sont foirés, on nous change carrément la pièce. Encore une perte de temps et d’argent !

Espérant que nos ennuis mécaniques sont terminés, nous faisons route vers le sud.
A partir de Vranje, on commence à apercevoir des mosquées dans les villages qui s’égrènent le long de la route. Il faut dire que nous passons à proximité du Kosovo, à population musulmane.
Cette ancienne province autonome sous administration de l’ONU a déclaré unilatéralement son indépendance de la Serbie en 2008, partiellement reconnue par la communauté internationale et non par l’ONU.
Vers midi, nous passons la frontière de la République de MACEDOINE.

Ancienne république fédérée de la Yougoslavie depuis 1945, la Macédoine déclare son indépendance le 8 septembre 1991, reconnue par l’ONU le 8 avril 1993 sous le nom d’Ancienne république yougoslave de Macédoine, suite au veto grec sur la question du nom que doit porter la nouvelle république. Athènes ne veut pas entendre parler d’un Etat portant le nom de Macédoine, un nom qui fait partie selon elle du patrimoine historique de la Grèce. Actuellement, beaucoup de pays ont  reconnu la Macédoine sous son nom constitutionnel de République de Macédoine.

Entre les deux postes-frontières, flotte le drapeau serbe et plus loin celui de la Macédoine.


En juillet 1992, apparaît une nouvelle pomme de discorde avec la Grèce, cette fois autour du drapeau choisi par la jeune république. Les Grecs ne reconnaissent pas le drapeau, l’emblème de Vergina, qu’ils considèrent comme celui de Philippe II, père d’Alexandre le Grand. La Grèce décrète un blocus le 16 février 1994. La Macédoine accepte de changer son drapeau (plus stylisé, avec huit rayons au lieu de seize) et la Grèce finit par lever le blocus en octobre 1995.
En 2007, les tensions continuent : la Macédoine a donné le nom d’ « Alexandre le Grand » à l’aéroport de Skopje ! Et la Grèce fait du chantage à la Macédoine en lui refusant l’entrée à l’OTAN si elle ne change pas de nom.

18 km après la frontière, nous entrons à Kumanovo. C’est la troisième ville du pays, caractérisée par une forte minorité de population albanaise, visible dès notre entrée en ville.
En 2001, la Macédoine est au bord de la guerre civile. L’afflux de réfugiés suite à la répression menée contre les Albanais du Kosovo par les forces serbes entraîne un déséquilibre dans la population et génère des troubles. Un groupe armé albanais, l’UČK-M, fait son apparition et s’affronte à l’armée macédonienne. Les partisans albanais trouvent appui et soutien dans les multiples villages de montagne albanophones. L’intervention de l’OTAN et de l’ONU débouche sur les accords d’Ohrid, accordant une représentation ethnique équitable entre les deux populations.
Nous faisons halte pour retirer de l’argent à un distributeur de billets. La monnaie nationale est le denar.
Après quoi, nous roulons jusqu’à SKOPJE, la capitale.
Entourée de montagnes, étirée sur plus de 30 km le long du fleuve Vardar, la capitale du pays est un concentré du contraste macédonien : contraste des époques, contraste des niveaux de vie, des « look » et des architectures.
Premières difficultés pour trouver le centre-ville. Nous parcourons des avenues interminables, des quartiers périphériques sans fin avant de parvenir à nous situer. L’alphabet cyrillique complique le repérage. Il n’y a pas de translittération pour les noms de rue. Décrypter un panneau, quand il existe, relève de l’exploit. La circulation est particulièrement chaotique.
Aussi, nous sommes heureux de trouver un parking payant sur un boulevard, vers 14h.
Nous prenons un repas dans un resto de la vieille ville, à l’ombre de parasols, en terrasse. Viviane récupère à nouveau un verre de bière auprès du patron.

Après quoi, nous effectuons une promenade à pied dans le quartier Caršija. Sur la rive gauche, la vieille ville commerçante a toutes les caractéristiques d’une ville orientale qui nous rappelle un peu Sarajevo : mosquées, anciens hammams, ruelles tortueuses héritées du passé ottoman, recouvertes de larges dalles de pierre… 


Dans le vieux bazar, c’est un entrelacs de boutiques et d’échoppes d’artisans consacré aux commerces de toute sorte depuis plus de mille ans. Un tiers de la population du pays est musulmane. Aux terrasses des cafés, on boit le thé ou le café turc. Il fait très chaud : 36° à l’ombre.


La forteresse de Kale domine la ville du haut de ses imposantes murailles. Elle remonte à la plus haute Antiquité. Plus tard, elle fut utilisée par les Romains, les Byzantins et les Ottomans. Aujourd’hui, c’est un parc public fort prisé des Skopiotes. De là-haut, on bénéficie d’une vue sur toute la ville et notamment sur les avenues rectilignes et les barres de béton de l’époque communiste.
















Sur les flancs de la colline se prépare une fête : chapiteaux, stands et sono.
On redescend en ville à hauteur de Kameni Most, le vieux pont de pierre, symbole de Skopje, qui sépare la vieille et la nouvelle ville.
On retrouve la voiture et, à 16h30, on quitte Skopje malgré la cruelle absence de panneaux indicateurs. Dans la ville moderne, les autobus pétaradants côtoient des 4x4 flambant neuf, des voitures rutilantes, de vieilles Lada ou des Yugo poussives.

A la frontière avec le Kosovo et l’Albanie, le nord-ouest du pays est une région de haute montagne. Au pied de la chaîne de Šar Planina, la route parcourt une longue plaine agricole entre Tetovo et Gostivar. La population de cette région est en majorité albanophone. La langue officielle de la République est le macédonien (langue slave méridionale proche du serbe et du bulgare) avec alphabet cyrillique, mais c’est l’albanais qui est parlé ici. D’ailleurs certains panneaux routiers voient les inscriptions en macédonien barrées d’un coup de peinture ne laissant apparaître que les toponymes albanais. Les tensions inter-ethniques sont ici plus sensibles que dans d’autres régions du pays.
Aujourd’hui la situation semble stabilisée et les villes de la région sont devenues plus sûres. Suite aux accords d’Ohrid, l’albanais est devenu la deuxième langue officielle dans les territoires à forte minorité albanaise.
Cherchant un endroit pour passer la nuit, nous bifurquons dans le parc national de Mavrovo. La route monte à Mavrovi Anovi en bordure d’un grand lac artificiel puis descend dans le canyon de la rivière Radika. Pendant 40 km, la route traverse une étroite vallée qui prend parfois l’allure d’un défilé taillé dans le roc au fond duquel coule la rivière. Viviane se sent quelque peu angoissée dans cette vallée encaissée. Nous nous renseignons à une station-service pour savoir où dormir. On nous indique une petite route qui monte à flanc de colline. En fait, il s’agit du magnifique monastère Sveti Jovan Bigorski caché dans la forêt. Mais ce n’est pas ce que nous cherchons. Finalement, à la sortie du canyon et à l’entrée d’un lac de barrage, le « Debarsko ezero », nous nous arrêtons à la tombée de la nuit sur la place d’un village albanais. On se calfeutre avec les obturateurs à l’intérieur du camping-car.

Dimanche 19 septembre 2010

Au lever du jour, on se rend compte que la place est un véritable dépotoir. On démarre rapidement pour retourner dans le parc national et prendre notre petit déjeuner dans un cadre plus agréable à côté de la rivière. Le soleil se lève. Le panorama est splendide sur les villages albanais qui s’égrènent dans la montagne, avec leurs mosquées.



Par la suite, nous effectuons en sens inverse le parcours dans le parc national. On charge en stop un Macédonien que nous allons déposer à Mavrovi Anovi où nous faisons halte pour quelques courses. Succession de maisons et de restaurants répartis au bord de la route qui surplombe le lac. Curieusement, on ne trouve pas de chemin d’accès pour gagner la rive.
A la sortie du parc, nous retrouvons la route de Gostivar et poursuivons notre trajet vers le sud.
Les étals de magnifiques poivrons rouges, de tomates et d’oignons résultant des productions locales se succèdent sur les bords de la route. Les chiens errants décident soudain de traverser nonchalamment devant vous, ou même de se coucher sur le bitume, de préférence en plein virage !
Une voiture vient d’effectuer un tonneau, retournée sur le toit dans le fossé, en pleine ligne droite. Un accident prévisible, vu les pratiques locales et la vitesse excessive de la plupart des automobilistes.  

Nous parvenons sans plus d’encombre à Ohrid. Située dans un environnement grandiose au bord d’un lac, entourée de montagnes, Ohrid est classée au patrimoine mondial par l’Unesco.
Ville millénaire, Ohrid conserve précieusement dans ses murs les traces de sa riche histoire.
Au IVe siècle avant notre ère, la ville fut intégrée à l’empire macédonien de Philippe II. Elle devint ensuite romaine puis slave. Aux alentours de l’an 1000, elle fut la capitale de l’empire du tsar bulgare Samuel avant de tomber dans l’escarcelle de Byzance puis plus tard de l’Empire ottoman.
Très liée à l’histoire de la culture slave et de la diffusion de l’orthodoxie, la ville resta pendant des siècles le siège d’un patriarcat influent.
On se dirige d’abord vers le port, très touristique. Il est midi. Très vite, on se fait accoster. Un petit tour en barque à moteur sur le lac d’Ohrid ? Ma foi, pourquoi pas. En effet, le panorama est splendide. L’eau du lac est très pure. Nous avons une vision d’ensemble de la ville, sa forteresse et ses murailles.


Sur un promontoire, à l'ouest de la vieille ville, l'église Saint-Jean de Kaneo (XIIIe siècle) domine le lac.


A l’est, on aperçoit l’ancienne résidence d’été du maréchal Tito, du temps de la Yougoslavie.
Nous débarquons à l’ouest, grimpons vers la ville haute et revenons à pied à travers les ruelles de la vieille ville. Nous visitons notamment l’église orthodoxe Sainte-Sophie, située dans la partie basse de la ville. Elle fut au Moyen Âge le siège de l'archevêché d'Ohrid. Elle a été construite au XIe siècle à l'emplacement d'une église paléochrétienne et des coupoles ont été ajoutées au XIVe siècle. Les Turcs l'ont ensuite transformée en mosquée puis en entrepôt et elle fut finalement restaurée en 1912 puis dans les années 1950. Ses fresques, longtemps cachées par d’épaisses couches de chaux appliquées par les Turcs pendant la période musulmane, constituent un joyau de l’art médiéval.

Près de là, sur la petite place qui jouxte la basilique, nous mangeons de la friture du lac sous la terrasse couverte du restaurant « Sveti Sofia », indiqué par le Petit Futé.
Par la suite, nous faisons encore une promenade en ville. Voisinage de mosquées et d’églises orthodoxes. Comme dans beaucoup de villes, symbole toujours vivant de la rencontre entre l’Orient et l’Occident, le minaret voisine avec le clocher. 


Sur une place, s’élève une statue des saints Cyrille et Méthode.
En 863, les missionnaires slaves Cyrille et Méthode mirent au point un alphabet spécial, le glagolitique, pour évangéliser les peuples slaves de Moravie. Plus tard, leurs élèves Saint Clément d’Ohrid et Saint Naum  forgèrent l’alphabet « cyrillique » (en hommage à Saint Cyrille). Cet alphabet, macédonien à l’origine, s’est diffusé partout dans le monde slave et est encore en usage aujourd’hui.

Nous reprenons la route le long de la rive orientale du lac d’Ohrid.
Le lac d’Ohrid fait partie des plus anciens lacs naturels du monde, formé il y a plus de quatre millions d’années. De nombreuses espèces de la faune et de la flore du lac y sont endémiques. D’une richesse exceptionnelle, le lac constitue un terrain d’observation pour les biologistes du monde entier.
Nous parcourons la berge orientale du nord au sud jusqu’à la frontière albanaise de Sveti Naum. Le camping que l’on nous avait indiqué à Ohrid est fermé.  Un automobiliste qui a passé le dimanche avec sa famille au bord du lac et qui a compris notre problème nous fait signe de le suivre. Il nous mène devant le camping Gradište, devant lequel nous étions passés tout à l’heure. Il est 17h. La barrière est fermée. En fait, le camping est également fermé pour les gens de passage. Devant notre embarras, le gardien nous y laisse pénétrer pour la nuit. C’est un vaste emplacement de tentes, caravanes et bungalows où quelques Macédoniens terminent leur week-end. On est loin des standards d’Europe occidentale ! Prise d’électricité rudimentaire, sanitaires délabrés, poubelles non ramassées qui s’amoncellent à ciel ouvert… Mais nous ne sommes pas difficiles. Et l’environnement au bord du lac est superbe. Accès direct à la plage.

Lundi 20 septembre 2010

Dans les sanitaires, l’eau de la douche de Viviane s’écoule sur le sol et vient s’évacuer dans la mienne…

Quand nous quittons le camping, nous retournons à Ohrid. On passe à la poste acheter des timbres pour Serge. On va faire quelques achats (notamment du vin macédonien et des baklavas, sucreries orientales).
Ensuite, on fait route à travers le parc national Galičica, situé entre les deux grands lacs du pays, Ohrid et Prespa. Caractère unique de la faune et de la flore dont de nombreuses espèces de fleurs atteignent ici la limite de leur expansion. La route, toute en lacets et en épingles à cheveux, monte jusqu’au col de Livada (1568 m). Là haut, le soleil disparaît pour laisser place aux nuages. La route entame sa descente vers le lac de Prespa.
Le problème écologique majeur de la Macédoine est celui des ordures et déchets de toute sorte. Les décharges sauvages sont la norme. Il suffit de s’arrêter en bord de route pour s’en convaincre.
On atteint le lac Prespa. Il existe une interaction entre les deux lacs. Celui de Prespa étant à une altitude supérieure à celui d’Ohrid, il l’alimente en eau par des infiltrations qui passent sous le massif de Galičica. La frontière avec la Grèce et l’Albanie passe sur les eaux du lac.
Peu de capacité d’hébergement. Le camping d’Oteševo, indiqué par le Petit Futé, est complètement abandonné. Nous parcourons les installations touristiques désertées. Quelle tristesse !
Nous mangeons dans le Boxer sur la rive du lac auprès d’une roselière. Les berges restent agréablement calmes et désertes. Rien à voir avec l’agitation du lac d’Ohrid.
Les rives nord sont une réserve ornithologique de première importance où l’on trouve pélicans, flamands roses et cormorans. Là aussi, il existe une faune et une flore endémiques.
















Nous recherchons en vain une tourelle d’observation censée se trouver sur la commune d’Asamati. Nous ne rencontrons que des plantations de pommiers, une quasi-monoculture dans ce coin de Macédoine.
Nous rejoignons une route principale qui, à travers la plaine de Pelagonia, mène à Bitola, deuxième ville du pays. Nous faisons quelques achats dans une supérette et liquidons nos denars en prenant du gazole à une station-service.  
Et l’on se dirige maintenant en direction de la Grèce jusqu’à la frontière de Metžitlija.
Pas de problème à la douane macédonienne. Vérification des passeports et coup d’œil dans le fourgon à la douane grecque. Nous entrons à nouveau dans l’Union européenne, ainsi que dans la zone euro.
Il est 16h30 lorsque nous passons en GRECE (17h30, heure grecque suite au changement de fuseau horaire).

On change également d’alphabet. On oublie le cyrillique ! Il faut maintenant s’habituer à déchiffrer l’alphabet grec. Le grec actuel a conservé l’alphabet ancien dont certains signes ont pris au cours des siècles des valeurs différentes.
La langue grecque est très éloignée des langues latines. Cette langue, vieille de plus de 3000 ans est plus ancienne que la nôtre, bien qu’ayant évolué ; et les Grecs, qui en sont fiers, ne sont pas prêts d’en changer.
Nous faisons une halte à Flórina, la première ville après la frontière, pour retirer des euros à un distributeur de billets. Nous roulons jusqu’à Kozáni, dans la région de Macédoine occidentale. C’est Philippe II qui a donné à la Macédoine le statut de puissance régionale avant que son fils, Alexandre le Grand, ne s’élance depuis cette province à la conquête du monde connu.
La partie occidentale de la Macédoine grecque alterne plaines cultivées et massifs montagneux arides et pelés. Les massifs montagneux grecs appartiennent aux Alpes dinariques qui commencent à l’ouest de la Slovénie pour s’achever en Crête.
Il commence à faire sombre. Encore une vingtaine de kilomètres, et nous faisons halte à 20 heures près d’un lac (« limni Aliákmona »). Alors la nuit tombe.

Mardi 21 septembre 2010

Au matin, je me promène sur la berge du lac. Deux gros oiseaux glissent tranquillement à la surface. Avec mes jumelles, j’identifie des pélicans frisés, provenant probablement des lacs Prespa (dont la partie sud est située en Grèce).

Nous reprenons notre trajet et traversons la Thessalie. Sur les grands axes tout au moins, les panneaux indicateurs sont en caractères grecs et latins.
Par contre, le code de la route et les lignes continues sont des gadgets inutiles. Les conducteurs grecs qui roulent lentement (c’est-à-dire qui ne dépassent pas la vitesse autorisée !) ont la fâcheuse habitude de rouler à cheval sur la bande d’arrêt d’urgence, cela pour se faire doubler plus facilement, créant ainsi une voie supplémentaire de circulation. Evidemment, c’est gênant lorsqu’un véhicule est arrêté sur cette bande … La Grèce est caractérisée par l’insécurité routière. D’ailleurs, sur les bas-côtés, on remarque de très nombreuses chapelles miniatures et petits oratoires avec une bougie allumée (en mémoire des victimes des accidents ?).
Nous atteignons Lamiá, en Grèce centrale.

A 17h, nous nous installons dans un camping à Agios Sérafim, au bord du golfe Maliaque, sur la mer Egée. On a du mal à le trouver, le camping Venezuela indiqué par le Guide du Routard. Des travaux routiers compliquent le repérage. On se perd sur des pistes au travers de vastes plantations d’oliviers, on traverse des villages de bord de mer…  Sympathique, bien équipé, ombragé de pistachiers et orangers, ce camping nous change des auto-camps serbes et macédoniens. Dans les toilettes, par contre, il ne faut pas jeter de papier : les canalisations ne sont pas adaptées. Un petit seau est prévu pour cela…
Dans la soirée, nous faisons une petite balade sur la plage.
                                                                  
Mercredi 22 septembre 2010

Au départ du camping, nous faisons une halte aux Thermopyles. Il s’agit d’un monument commémoratif d’une bataille en 480 avant J-C, lors de la deuxième guerre médique contre les Perses. De l'autre côté de la route, on peut monter au sommet du « kolônos », une petite colline, théâtre de l'ultime résistance spartiate, où l’on trouve deux épitaphes.
Nous roulons jusqu’à Delphes. On mange dans le camping-car, à l’écart de la route, en contrebas du site antique.
A 13h, nous commençons notre visite par le musée archéologique, d’une richesse extraordinaire, et qui aide à comprendre ce que nous verrons sur le site. Billet d’entrée unique pour le musée et le site archéologique.
Bien sûr, le but de la visite est le sanctuaire d’Apollon. Nous comprenons facilement qu’il soit le site le plus visité de Grèce après l’Acropole. Les cars de touristes abondent, et la foule déambule dans les ruines antiques. Que cela nous serve de leçon pour les visites des prochains sites !
Zeus fit partir deux aigles des extrémités de la terre. Ils se rencontrèrent pour se poser ensemble à Delphes. Considéré par les Grecs comme le nombril de la terre, Delphes eut un rayonnement religieux et moral considérable.
Le site est grandiose. Au flanc du mont Parnasse, le panorama s’étend sur une splendide vallée avec, à l’horizon, le golfe de Corinthe. Nous parcourons les ruines, étagées au flanc de la montagne, sous une chaleur écrasante : Voie sacrée, trésor des Athéniens, temple d’Apollon, théâtre et stade antiques…




Une araignée qui se laisse filer d’un arbre sous le nez de Viviane lui cause une frayeur certaine. La petite bête essaye en vain de se réfugier sous les cailloux du chemin, comptant sur son mimétisme. Heureusement pour elle, les jeunes touristes (et surtout des filles !) ne songent qu’à la photographier. Elle est d’une espèce orientale que je ne connais pas.
Sortant du site, nous visitons également le gymnase où s’entraînaient les athlètes ainsi que le sanctuaire d’Athena Pronaia, en contrebas de la route. Accès libre.

A 16h30, nous nous installons au camping Delphi, à 4 km des ruines. Beau petit camping ombragé en terrasse avec vue sur la vallée, au-dessus d’une « mer d’oliviers ». Nous buvons un pot à la taverne, achetons de la presse française avant de sortir table et chaises à côté du Boxer pour lire, prendre des notes, boire un « ouzo », manger à l’extérieur avant de jouer au scrabble !

Jeudi 23 septembre 2010

Au matin, le soleil illumine la mer d’oliviers, Itéa et le golfe de Corinthe.


Nous quittons Delphes pour rouler vers Athènes. A partir de Thíva, nous empruntons l’autoroute pour gagner plus facilement le nord de la capitale. Et là, c’est la galère pour trouver le camping indiqué par le Routard. Nous arrivons tout de même à 12h45 au camping Néa Kifissia, dans un quartier résidentiel du nord de la ville. Personne à la réception. Le camping est quasiment vide. Nous nous installons sous une tonnelle. La chaleur aidant, on n’a plus envie d’en ressortir aujourd’hui. Après avoir mangé, nous y passons l’après-midi et la soirée : sieste, notes, lecture, jeux…
Un petit chat errant nous rend visite. Il sera au rendez-vous pendant trois jours.

Vendredi 24 septembre 2010

Aujourd’hui, nous allons visiter ATHINA (Athènes).
A 8h10, nous quittons le camping. Départ en bus puis en métro pour rejoindre la ville.
Mégalopole tentaculaire, la ville a envahi presque toute la région environnante, l’Attique. Développement anarchique, pollution extrême due à sa situation en cuvette et aux industries concentrées au Pirée. Les grands travaux dus aux jeux olympiques de 2004 ont toutefois contribué à améliorer la situation par la construction d’un périphérique et de  nouvelles lignes de métro et de tramway.
A tout seigneur, tout honneur, c’est par l’Acropole que nous commençons notre visite.
Les ruines de la ville basse ne posent pas de problème. Sous l’Acropole, on peut voir le théâtre de Dionysos ainsi que l’odéon d’Hérode Atticus, d’époque romaine. On se croit presque seuls. C’est quand on atteint les Propylées, l’escalier monumental qui donne accès au sanctuaire, que l’on découvre la foule des touristes agglomérés sur les marches d’escalier. On s’était bien promis de venir tôt le matin. Et pourtant…
Symboles de la puissance d’Athènes, les temples de l’Acropole furent détruits par les Perses après leur victoire en 450 avant J-C. Les cités grecques s’unirent dans l’ « Alliance » et Athènes connut alors une puissance et un rayonnement sans précédent. Périclès profita de cette abondance pour faire reconstruire les temples.
Entre touristes japonais et occidentaux, on se fraie un passage vers le Parthénon, consacré à l’origine à la déesse Athéna.
Ce fut la première des constructions lancées par Périclès, sur la partie la plus élevée du rocher. Le monument est d’une grande richesse sculpturale. Seule une petite partie de sa magnifique frise de style ionique a été conservée. Mais les échafaudages n’en finissent pas. Le travail est immense, car il s’agit de défaire ce que les précédentes restaurations ont fait. Ces grands travaux tentent de redonner au temple son aspect d’origine. La restauration intégrale est prévue pour…2020 !


Sur le site, également, l’Ėrechthéion, avec ses célèbres caryatides, qui était pour les Grecs l’endroit le plus sacré de l’Acropole, consacré à Poséidon, le dieu de la mer.


Depuis le site, on bénéficie d’une vue étendue sur la ville tentaculaire.
En sortant de l’Acropole, on se retrouve sur le « péripatos », le chemin qui fait le tour du site. On grimpe sur une petite hauteur où les pierres calcaires sont très glissantes. La vue d’ensemble est saisissante.


De là, on se dirige vers l’AgoraAu pied de l’Acropole, c’était le centre de la vie publique de la cité antique. On y trouve notamment le portique des Géants ainsi que le temple d’Héphaistos, dont les frises retracent les exploits de Thésée et les combats d’Héraklès.
















Lorsque nous sortons des ruines, on débouche dans le quartier Monastiraki. L’avenue qui borde le site ne présente aucun intérêt, si ce n’est une enfilade de restaurants pour touristes. On s’arrête toutefois pour y boire un verre. Le serveur est sympathique. On discute (autant que faire se peut) de la France. Par la suite, on traverse les puces d’Athènes où les Grecs s’activent comme au temps de l’ancienne agora. Mais on n’y vend plus grand-chose d’intéressant !
De l’autre côté d’une rue animée, on se retrouve dans le quartier Psiri. On mange dans un restaurant du quartier, « Oréa Pendeli », en terrasse sur une petite place. C’est un vieil établissement où le roi Othon Ier avait ses habitudes (excusez du peu !). Pour nous, ce sera des « mezze », suivis d’un café grec (attention, on ne dit pas café turc !).

Après le repas, nous nous baladons dans le quartier Plaka. C’est l’endroit le plus animé d’Athènes. Le bas du quartier n’est pas vraiment typique, on y rencontre plus d’étrangers que de Grecs. Marchands du temple et tourisme agressif. Mais un certain charme s’en dégage, et c’est un creuset de styles.
Nous visitons le musée de l’Acropole. Musée ultramoderne ouvert en juin 2009, construit sur quatre niveaux. Il était tellement attendu ! C’est une succession ahurissante de chefs-d’œuvre : découvertes faites dans les différents sanctuaires, plongée dans la période archaïque, et 3ème étage consacré au Parthénon. Une vidéo de 15 mn apporte les compléments d’information utiles à la visite. Ce 3ème étage est déconcertant : on ressent une impression étrange devant les moulages de la frise du Parthénon, parmi lesquels surnagent quelques originaux. C’est aussi le but de faire comprendre la perte immense pour la Grèce qu’est l’absence de ces marbres uniques, dont une grande partie se trouve au British Museum de Londres ! Il faut savoir que Lord Elgin, ambassadeur de Grande-Bretagne auprès l’Empire ottoman, avait obtenu des autorités turques l’autorisation de prélever des pièces sur l’Acropole. On connaît le résultat : ce fut un véritable pillage. 200 caisses prirent la direction de l’Angleterre, contenant 12 statues de fronton, 156 éléments de la frise du Parthénon, 15 métopes, une caryatide et toute la frise du temple d’Athéna Nikê. La Grèce n’a de cesse de réclamer le retour de ces pièces, mais rien n’indique que ce soit pour demain. Un des arguments pour refuser le rapatriement était que la Grèce ne possédait pas de musée digne de ce nom pour les accueillir. Cet argument ne tient plus…
En sortant du musée, on parcourt le haut de Plaka, dans le quartier Anafiotika. En fait, c’est un quartier dans le quartier, sur les pentes qui mènent à l’Acropole : murs passés à la chaux, escaliers et ruelles étroites. On se croirait presque dans les îles grecques. 


On fait une pause au café Mélina (bière grecque pour moi, dessert à la glace pour Viviane). Ce bistro est entièrement dédié à Mélina Mercouri dont les photos couvrent les murs. Actrice et chanteuse, elle milita activement au sein de la gauche et s’opposa à la dictature des colonels en 1967. En 1979, elle devint ministre de la culture et l’est restée jusqu’à sa mort. Elle n’eut de cesse de réclamer la restitution des marbres du Parthénon, combat repris par Nana Mouskouri.

On en a assez pour aujourd’hui. On rentre, par le métro et le bus, au camping pour 18h30. Le chat ne tarde pas et s’enhardit à monter dans le Boxer.

Samedi 25 septembre 2010

Par le bus et le métro, nous retournons passer la journée à Athènes.
Le temps vire à la pluie. On descend du métro sur la place Omonia, grande place circulaire au cœur du quartier populaire éponyme. Les bâtiments qui l'entourent, tous du même style et des années 50 à 70, sont assez laids. Dénué de tout centre d’intérêt touristique, le quartier concentre une population pauvre et bigarrée. C’est un passage obligé pour se rendre au musée archéologique national. La pluie redouble. Et comme nous n’avons pas pensé à nous munir de vêtements de pluie, c’est complètement trempés que nous atteignons le musée. On ne sait pas pourquoi, mais aujourd’hui l’entrée est gratuite. Une aubaine !
Incontournable, ce musée. Il est impossible de donner une vision exhaustive de ses richesses.
11690 pièces exposées (et numérotées). On essaie de le visiter dans une perspective chronologique. Le personnel, nombreux, veille et ne laisse rien passer.
Il est13h lorsque nous sortons du musée. Surprise, le soleil est de retour.

Nous mangeons vers 13h30 dans une taverne de quartier autour des Halles, Ston Meïdani, conseillée par le GdR. Pas de touristes japonais ou chinois dans ces rues populeuses et animées où se côtoient petites échoppes d’huile d’olive, de fruits secs et d’épices aux senteurs impérissables !
Après le repas, nous traversons le marché où s’alignent les étals de tomates, oignons, pommes de terre et raisins.


Puis nous entrons dans les HallesC’est un bâtiment récemment rénové qui ressemble à une gare du début du XXe siècle.


Là, s’étendent la halle aux poissons et la halle à la viande. Pittoresque et « fellinien » (dixit le GdR) ! On se demande comment la viande reste consommable après être restée toute la journée dehors sous la chaleur. Plus on avance dans la journée, plus l’odeur de bidoche devient insistante. Cœurs sensibles, s’abstenir !


Nous passons le restant de l’après-midi en nous promenant dans les quartiers Omonia, Psiri, et Plaka. Viviane y achète une belle nappe comme cadeau pour notre voisine de Saint-Fargeau, Simone. Nous sommes de retour au camping pour 17h55.

Dimanche 26 septembre 2010

Le petit chat nous regarde partir…
Nous quittons Athènes dans la matinée et roulons vers le Péloponnèse. On utilise l’autoroute jusqu’à Corinthe.
Le canal de Corinthe, creusé dans l’isthme entre la Grèce centrale et le Péloponnèse est long de plus de six kilomètres pour une largeur de 24 mètres. La colline semble coupée au rasoir sur une hauteur de 80 mètres. Les bateaux qui empruntent le canal sont tirés par des remorqueurs à l’aide de câbles.
Dans l’Antiquité, on transportait les bateaux sur des chariots, du golfe de Corinthe au golfe Saronique. Néron voulut faire creuser un canal, mais le projet avorta lors de sa mort. Il faudra attendre 1893 pour que le canal soit inauguré. 


Nous ne visitons pas le site de l’ancienne Corinthe qui semble n’avoir qu’un intérêt limité.
Nous empruntons la route ordinaire, au long de la mer Egée. A midi-et-demi, nous stationnons pour manger au bord de la route, surplombant un parc à poissons. On observe les navettes des barges qui viennent nourrir et recueillir les poissons dans des nacelles. Quelques-uns d’entre eux parviennent à s’échapper (du bon côté de la mer !). 


Dans le camping-car, au menu, comme souvent à midi : salade grecque (avec de délicieuses tomates, des courgettes, des concombres, des olives et de la feta).

La route s’enfonce à l’intérieur des terres. Nauplie puis Argos. Nous n’avons pas envie, avec la chaleur ambiante, de visiter un site. Nous poursuivons notre trajet dans le Péloponnèse jusqu’à Sparte.
On fait halte à 17h40 dans un camping entre Sparte et Mystra. C’est le camping « Paleologio Mystras », juste derrière une station-service. De l’herbe, et non du gravier comme souvent. On s’installe sous des petits orangers. 


Un jeune chien courtement enchaîné, aux abords de la seule  caravane présente, nous fait pitié…
Nous mangeons au restaurant du camping, en terrasse. Dommage, la moussaka n’est pas très appétissante.

Lundi 27 septembre 2010

Ce matin, nous visitons le site byzantin de Mystra. Aujourd’hui, l’entrée est gratuite. Là non plus on ne sait pas trop pourquoi. On a eu raison de venir tôt. Nous sommes absolument seuls dans le site.
Guillaume de Villehardouin, seigneur franc de l’Achaïe, dut céder Mystra en guise de rançon à Michel VIII Paléologue, empereur de Byzance, qui enrichit la ville de magnifiques églises byzantines. Elle devint une véritable capitale régionale ainsi qu’un haut lieu des arts, des lettres et de la philosophie, avant de tomber dans les mains des Turcs en 1460.
Seules les églises témoignent désormais de cette période fastueuse. Le contraste est saisissant entre ces églises quasi intactes et les ruines des maisons seigneuriales pourtant construites au même moment. C’est la foi des fidèles qui les ont protégées du vandalisme.
La ville s’étage au flanc d’une colline dominant la plaine de Sparte. 


C’est assez fabuleux de marcher dans les ruelles entre les fantômes de maisons. La Métropole (cathédrale Agios Dimitrios) renferme encore de belles fresques assez mutilées. Un petit musée y est contigu.





















Le monastère de la Pantanassa est encore habité par des sœurs. Le palais du Despote est une ruine gigantesque, actuellement en travaux. On ne peut le visiter. Le monastère de Péribleptos, du XIVe siècle, renferme les plus belles fresques du site. L’église Sainte-Sophie renferme aussi des vestiges significatifs de fresques. Tout en haut, le site est dominé par un château franc dont il ne reste rien à l’intérieur. Après la visite des ruines, nous y montons en voiture, pour le point de vue, mais sans le visiter. Et les touristes commencent à affluer ! Il est temps de s’en aller.

L’après-midi, notre circuit nous mène à travers les routes montagneuses du Péloponnèse.
Malheureusement, une partie du parcours a été défigurée par les incendies de 2007. Certaines zones ressemblent à un paysage lunaire. De plus, les routes sont encombrées de décharges sauvages et le moindre endroit accessible est un dépotoir. La conscience de la population vis-à-vis des problèmes d’environnement n’est pas vraiment développée.
Les villages perchés d’Arcadie présentent un autre visage de la Grèce. On passe à Karyténa, un beau village perché aux maisons anciennes, Andritséna, village montagnard avec des ruelles escarpées. Souvent, les panneaux routiers sont en caractères grecs uniquement. Mais Viviane est passée maître dans l’art de déchiffrer l’alphabet grec…
Nous arrivons à Olympie et nous installons au camping Alphios à 17h45.

Mardi 28 septembre 2010

Au matin, nous visitons le site archéologique d’Olympie.
On s’était bien dit qu’il fallait venir tôt. Et pourtant ! A notre arrivée sur le site, c’est l’enfer : au moins une trentaine d’autobus de touristes sont garés devant l’entrée.
Qu’est-ce qu’on fait ? Ben, on y va quand même, puisqu’on est venu jusque là !
En fait la masse des touristes se répartit bien dans l’ensemble des ruines. Il suffit simplement d’éviter les attroupements.
« Olympie monopolisa pendant près de dix siècles la communion religieuse et politique de la Grèce antique. Le site a ceci d’exceptionnel qu’il ne s’agit pas d’une ville mais bien d’un centre religieux, régulé et hiérarchisé, rythmé par un rituel quotidien et quelques fêtes dont la plus importante était les J.O. » dit le Routard.
Nous parcourons les ruines en évitant le plus possible les groupes. On ne peut pas énumérer tout ce que voyons. Citons le gymnase, l’atelier de Phidias, le temple de Zeus, le temple et l’autel d’Héra où est encore allumée de nos jours la flamme olympique à chaque ouverture des J.O.


Quant au stade, on y accède par un couloir jadis couvert.
Les jeux olympiques antiques n’étaient en fait que des jeux panhelléniques parmi d’autres. Mais ceux d’Olympie avaient une importance toute particulière aux yeux des Grecs, par rapport à la date de leur première édition en 776 avant J-C. Date reposant sur une chronologie aléatoire remontant à… la guerre de Troie !
Le stade permettait d’accueillir 45000 spectateurs, uniquement des hommes, puisque les athlètes étaient nus. Les femmes et les esclaves pouvaient assister au spectacle en grimpant sur le mont Kranion, à proximité. La seule femme autorisée à pénétrer dans l’enceinte du stade était la prêtresse de Déméter, déesse de la fertilité.
Sur toute la largeur du stade, on remarque très bien la ligne de départ des athlètes. On aperçoit toujours au nord des gradins l’autel de Déméter.


Après cette visite,  nous roulons jusqu’à Patras, par la route qui longe la Méditerranée.  Toujours quelques sueurs froides lorsqu’une voiture me double alors qu’en face une autre voiture se fait doubler en même temps. Quant à moi, je m’obstine à respecter le code de la route. Ce qui me vaut souvent des coups de klaxon rageurs ou des appels de phare !
Bouclant notre tour du Péloponnèse, nous traversons Patras, un important port industriel. Agitation citadine, embouteillages. Nous quittons le Péloponnèse par le pont sur le détroit de Corinthe (à péage).
A nouveau en Grèce centrale, on s’arrête pour manger auprès d’un terrain de sport. Là on rencontre au milieu du chemin une tortue d’Hermann en vadrouille. C’est la deuxième fois que nous en apercevons. Elle disparaît rapidement (tout est relatif !) dans les fourrés. On imagine le sort de ces tortues, lors des incendies…


Nous allons rouler toute l’après-midi jusqu’à Ioánnina, en Epire. On traverse la ville pour trouver à 18h45 le camping Limnopoula, indiqué par le Routard, juste au bord du lac Pamvotis. Le temps se gâte et la pluie se met à tomber, nous confinant dans le camping-car.
Sur les eaux du lac, j’identifie des grèbes castagneux.

Mercredi 29 septembre 2010

On emprunte une route de montagne qui relie l’Epire et la Thessalie par Métsovo. La route qui grimpe est superbe. On traverse de charmants villages de bergers dans un décor montagneux et boisé. Les troupeaux de moutons sont légion, gardés par leurs pâtres grecs...
Malheureusement, l’autoroute qui passe dans cette région a posé sa griffe sur les paysages en dénaturant l’aspect sauvage des lieux. On passe le col de Katara (1690 m), en plein brouillard. Difficile de se croire en Grèce. En  hiver, il y a même une station de ski. Nous faisons quelques courses dans un mini-market d’un village de montagne. On y achète des olives en vrac.
C’est dans l’après-midi que nous atteignons les Météores. Une des plus belles curiosités de la Grèce. Des monastères des XIVe et XVe siècles sont implantés au sommet de pitons rocheux qui se dressent dans la grande plaine de Thessalie. Etrange paysage disloqué.
Ces pitons de grès auraient été sculptés par l'érosion fluviale au cours de l'ère tertiaire. Pendant des millions d'années, un fleuve se déversait dans une profonde gorge d'un bras de mer qui couvrait alors la Thessalie. Lorsque celle-ci trouva un débouché dans la mer Égée par la rupture des monts Olympe et Ossa, ce massif, sous l’action des intempéries et des secousses sismiques, se disloqua et donna naissance à cet étrange paysage.


Les Météores commencèrent à être habités au XIe siècle par des moines. Ce n’est qu’au XIVe siècle qu’ils construisirent les monastères perchés en haut des rochers, afin d’échapper aux Turcs et aux Albanais… et de se rapprocher de Dieu. A leur apogée, on comptait 24 monastères.
Aujourd’hui, il n’en reste plus que six en activité.
Après une petite promenade pédestre au pied des pitons à Kalambaka, nous effectuons un splendide circuit en voiture à partir de Kastraki. Le monastère du Grand Météore est le plus ancien et le plus grand. Depuis un amas rocheux situé en face, on admire les escaliers qui montent à l’assaut du rocher pour atteindre le monastère. Mais on renonce à le visiter, vu la foule des touristes.


En contrebas, le monastère de Roussanou est un prolongement vertical d’un rocher très étroit. A terre, une étroite plate-forme de bois est reliée au monastère par un filin pour monter notamment de la nourriture ou transporter les moines.


Poursuite du trajet vers l’est par Lárissa où nous étions déjà passés il y a neuf jours. Nous continuons à rouler jusqu’à la mer Egée. La soirée est déjà bien entamée, et nous cherchons un camping. Ceux qui nous sont indiqués par le Routard sont déjà fermés à cette saison. Depuis les conflits en ex-Yougoslavie et au Kosovo, la Grèce du Nord connaît une certaine désaffection de la part des touristes occidentaux.
On trouve tout de même vers 19h15 un petit camping à Plaka, au bord de la mer. En fait, c’est un village de caravanes qui servent surtout le week-end.
Derrière nous, le majestueux mont Olympe disparaît dans le brouillard. C’est là que Zeus jouit désormais d’une retraite bien méritée !
                                                                    
Jeudi 30 septembre 2010

Au matin, avant de quitter les lieux, nous descendons par l’escalier du camping jusqu’à la plage. Pas un quidam à perte de vue. La beauté du site est quelque peu gâchée par les détritus.

On remonte maintenant vers le nord en Macédoine centrale. A Katerini, nous entrons en ville, nous nous garons sur un parking public pour aller faire des courses. On achète de la viande (vraiment pas chère), du vin et de l’ouzo. On reprend la route, on contourne la grande ville de Thessalonique qui ne présente pas d’intérêt, et, par Serrès, on se dirige vers la frontière bulgare.
Symbole de l’absurde : la direction de Sofia est appuyée par un macaron BG, celle de la Turquie par un macaron TR. Par contre, la direction de Skopje (République de Macédoine) par un macaron vide !
A la frontière, contrôles grecs. Personne au poste bulgare.
A 13h15, nous franchissons la frontière de  BULGARIE.

Auparavant sous domination ottomane, la Bulgarie devient une principauté tributaire de l’Empire ottoman en 1878. Elle se déclare définitivement indépendante le 22 septembre 1908. Après l’intervention de l’Armée Rouge en 1944 et l’abolition de la monarchie, la République populaire est instaurée en 1946. En 1954, l’inamovible Todor Jivkov prend la tête du parti communiste bulgare et fait entrer le pays dans le Pacte de Varsovie en 1955. Il devient chef de l’Etat de 1971 à 1989 jusqu’à son limogeage.
 En 1991, la République de Bulgarie tente de tourner la page du passé. Le 1er janvier 2007, elle devient membre de l’Union européenne.

Le changement de niveau de vie saute à l’œil. Une population bigarrée traîne autour des bâtiments à la recherche de petits trafics. Les Bulgares sont des slaves, mais avec d’importantes minorités roms, macédoniennes, grecques et turques.
La monnaie de la Bulgarie est le lev. Après la frontière, nous changeons des euros en leva. On renoue avec l’alphabet cyrillique.
Le changement climatique est assez net. La chaîne des Rhodopes forme une barrière géographique et climatique avec la Grèce. L’influence méditerranéenne s’arrête là. Le soleil brille, mais le vent rafraichit l’atmosphère.
On fait une halte pour manger derrière une station-service abandonnée.
L’après-midi, on se dirige vers Melnik, une « ville-musée » de la Macédoine bulgare. Les villages ou villes-musées, partiellement ou entièrement rénovés, sont disséminés dans toute la Bulgarie, mettant en exergue la richesse naturelle et culturelle du pays.
Nous parcourons les rues de la petite ville nichée au fond d’un ravin, dans un site surréaliste, au pied de pyramides calcaires usées et érodées qui forment un décor étrange. Le village s’étire en longueur jusqu’au fond de la vallée. Ruelles pavées, splendides maisons à encorbellement rénovées, typiques de la région et inondées de vignes.


















Le tourisme est ici essentiellement balkanique. Nous achetons un collier pour Patricia sur un étal, du vin macédonien local et de la « mastika » (sorte d’ouzo à base d’anis) dans un magasin. Nous passons à la poste pour acheter une vignette automobile et quelques timbres à Serge. Mais il n’y a pas de vignette et pas grand choix de timbres. La guichetière n’a pas trop l’air au courant des opérations à effectuer et passe son temps au téléphone pour se renseigner.
Cette fameuse vignette, nous apprend-on, est obligatoire. C’est donc pour cela que l’on aperçoit partout des panneaux de rappel. Il n’y a pas de péage sur les routes de Bulgarie, mais on paye leur utilisation en achetant la vignette.
Faisant route vers le nord, nous achetons une vignette dans une station-service. Après Blagoevgrad, nous bifurquons par une petite route vers le massif du Rila.
Cherchant un arrêt pour la nuit, nous avisons un hôtel au bord de la rivière Rilska dans la vallée. Renseignement pris, on nous laisse nous installer derrière l’hôtel. On nous branche l’électricité, avec possibilité d’utiliser les toilettes. C’est également un camp de bungalows, où vient d’arriver un autocar transportant des handicapés physiques.

Vendredi 1er octobre 2010

Au matin, depuis les bungalows, un monsieur en chaise roulante m’interpelle dans toutes les langues pour connaître le pays d’où nous venons. Il m’invite à venir à l’hôtel boire une eau-de-vie de prune, la « slivova ». A cette heure matinale, je décline son offre avec le sourire !

La route est superbe. Elle suit la rivière Rilska à travers la forêt dans le Naroden Park (réserve nationale protégée). Au bout de la belle route de montagne, au pied des cimes, apparaît le monastère de Rila. On dirait une grosse forteresse tibétaine dans une vallée perdue… dit le GdR. 


C’est le plus imposant et le plus connu des monastères bulgares. Il est classé au patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco. Fondé par saint Jean de Rila (Ivan Rilski, 876 – 946), le monastère est un haut lieu de la spiritualité et de l’histoire bulgares. Ce fut l’un des foyers les plus actifs de la résistance aux Turcs. Il fut plusieurs fois incendié et dévasté au cours de son histoire. La construction de l’actuel monastère commença en 1816. Les travaux ont duré 30 ans.
Le monastère abrite encore une dizaine de moines.
On franchit l’enceinte extérieure pour déboucher dans la cour pavée où vaquent quelques chiens errants. Et là, on est frappé par la splendeur des lieux. L’église, la tour et le campanile sont au centre de la cour, délimitée par les bâtiments monastiques et leurs superbes galeries à balustrade de bois.


L’église de l’Assomption, inspirée d’une église grecque du mont Athos, renferme des fresques murales des XVIIIe et XIXe siècles, époque du Réveil national, et sans doute la plus grande et la plus belle iconostase de Bulgarie. L’intérieur est très impressionnant et d’une richesse exceptionnelle. Les gens affluent de tout le pays pour prier sur les reliques de saint Jean de Rila.
A côté de l’église, la curieuse tour Hrélio, où les moines se réfugiaient en cas d’attaque. C’est le bâtiment le plus ancien du monastère, construit en 1337.


Au fond de la cour, le musée historique. L’entrée est payante. On y découvre orfèvrerie, collection d’armes et de monnaies, de vieux livres en écriture glagolitique ainsi que des œuvres en bois sculpté d’une grande richesse.
Les gens commencent à affluer. Il est temps de quitter les lieux.

Nous nous dirigeons maintenant vers la capitale, Sofia. Nous atteignons les abords de l’agglomération dans l’après-midi.  Et là, c’est la galère ! Nous allons tourner pendant deux heures aux abords de la ville pour rechercher un hypothétique camping, parmi les embouteillages, les travaux, agrémentés des coups de klaxon des automobilistes…  L’un d’entre eux qui veut doubler dans une zone de travaux s’enlise complètement sur une motte de terre meuble !
Il n’y a pas de camping digne de ce nom à Sofia, bien que notre carte routière en signale quelques-uns. Un policier nous indique tout de même le camping Vrania. Après moult demi-tours, nous finissons par le dénicher, en contrebas d’une voie rapide, à 16h45. Comité d’accueil d’une dizaine de prostituées, devant l’entrée. En fait il s’agit d’un camping de bungalows qui sert de lieu de « passe » en bordure de la ville. Mais puisque nous y sommes, nous allons y rester. On y trouve quand même un camping-car de Slovènes et la voiture d’un jeune Espagnol comme voisins. Ils ont dû faire comme nous et se résoudre à rester.
Nous avons tout de même de l’électricité, et la tenancière du camping nous ouvre un bungalow complètement délabré pour la douche et les toilettes. La lumière clignote dangereusement, les toilettes n’ont pas d’eau et la douche pas de pommeau…
Nous nous installons et nous calfeutrons rapidement à l’intérieur du Boxer, avec les obturateurs.

Samedi 2 octobre 2010

En fait, il y a eu du trafic pendant la nuit. Par moments, on apercevait de la lumière dans certains bungalows. Mais pour nous, la nuit a été calme.
On ne va pas s’attarder. Après le petit déjeuner, nous quittons les lieux pour nous diriger vers la ville.

Nous entrons dans SOFIA vers 9h15.
Le temps est couvert ce matin et le centre-ville relativement désert.
Petite capitale de l’Europe du Sud-Est, construite à 550 m d’altitude, Sofia est la capitale de la Bulgarie depuis 1879 lors de la création du troisième royaume bulgare à la fin du joug ottoman. Il était question que le royaume retrouve ses frontières anciennes avec Sofia en son centre. Le traité de Berlin en a décidé autrement et Sofia s’est alors retrouvée très excentrée.
On va parcourir la ville à pied, dans un décor invraisemblable d’immeubles néoclassiques du début du XXe siècle ou staliniens des années 1950, de façades austro-hongroises, de bulbes dorés, de statues imposantes et de tramways jaunes…
- La cathédrale orthodoxe Alexandre Nevski : c’est le monument le plus célèbre de Sofia et le point central de la ville.


Elle fut construite au début du XXe siècle par un architecte russe, en hommage aux Russes morts pour la libération du peuple bulgare. La Bulgarie s’est libérée du joug ottoman en 1878 grâce à l’appui de l’armée russe. Depuis, le pays a gardé une reconnaissance éternelle à l’égard du grand frère, malgré une domination communiste de près de 40 ans.
L’extérieur de la cathédrale est très imposant. A l’intérieur, elle acquiert une impression plus humaine avec ses trois nefs dédiées à Alexandre Nevski (guerrier russe du XIIIe siècle), à Saint Boris et aux saints Cyrille et Méthode. On se fait néanmoins tout petits, on déambule dans le silence avec maintien, car les orthodoxes qui entrent dans une église sont très pieux et se signent avec ferveur devant chaque icône. Je visite la crypte où sont exposées les plus belles icônes de Bulgarie. Dommage, Viviane avec sa claustrophobie n’y descend pas.
Aux abords de la cathédrale, les marchands de broderie commencent à installer leurs stands.
- La cathédrale Sainte-Sophie date du Ve siècle. Les fresques de cette époque ont été détruites après qu’elle ait été endommagée par deux tremblements de terre. Elle fut rénovée après la libération.
- L’église russe Saint-Nicolas : c’est un vrai bijou. La façade extérieure est néo-russe, richement travaillée et décorée, et surmontée de cinq bulbes dorés. Nous y pénétrons alors qu’un office se déroule.
- Devant le siège de la Présidence de la République, nous assistons à une relève de la garde, au pas de l’oie. Sous le porche du bâtiment (où l’on peut curieusement pénétrer librement), dans une belle cour centrale pleine de ruines romaines, se dresse la rotonde Saint-Georges, la plus ancienne construction de Sofia, du IVe siècle. Elle devint église, mosquée puis musée.


- La mosquée Banya Bashi, de style ottoman du XIVe siècle : j’y pénètre seul, en me déchaussant. Viviane ne me suit pas, parce qu’elle doit revêtir une cape : elle se souvient de la mosquée des Omeyyades, à Damas !
- Face à la mosquée, le marché couvert Hallite, dont le nom est tiré des halles de Paris. Il est construit dans le même style et abrite, outre de bons produits, des cafés et restos.
Nous parcourons le grand marché des femmes, sur un boulevard. Ce nom lui aurait été donné pendant la période communiste, quand les femmes venaient y écouler le surplus de leur production personnelle. On y trouve des légumes, des fruits (moins chers qu’au marché Hallite). Par la rue piétonne Pirotska, on débouche devant la mosquée. Le soleil fait de nouveau son apparition.
Nous mangeons à midi un kebab au marché couvert Hallite. On y achète quelques fruits, de la viande en plat préparé (sans savoir ce dont il s’agit : les inscriptions en bulgare sont énigmatiques) et de la mastika. Il va falloir porter tout cela dans des sacs en plastique à travers les rues jusqu’au Boxer !

Nous quittons la ville vers 14h. Toujours aussi peu d’indications…
Nous faisons route vers le nord-ouest, région entre la partie orientale de la chaîne du Balkan et la plaine du Danube.
Viviane est devenue championne pour décrypter l’alphabet cyrillique. Sur les routes bulgares, on rencontre encore souvent des charrettes tirées par un cheval… Assez cocasse, face aux bolides tout neufs qui circulent sans modération !
Nous atteignons vers 17h45 Belogradčik. Un petit camping boisé de bungalows, le camping Madona, nous accueille. Nous nous installons devant la maison du gérant. Pour les sanitaires, c’est à l’intérieur…
A la nuit, lorsque je me promène, attiré par un feu de camp, j’entends que l’on m’interpelle en français. « Bonsoir, c’est quoi comme département le 89 ? ». Je m’approche du feu. Il s’agit d’un jeune Français, installé à Sofia, et qui passe le week-end ici avec sa compagne bulgare.

Dimanche 3 octobre 2010

Grisaille, ce matin.
Nous visitons la citadelle Kaleto. C’est un site naturel sur lequel l’homme a intégré quelques murs aux rochers, dans un massif de grès rouge.
Les premières pierres datent de l'époque romaine ; la citadelle fut transformée par les Bulgares et les Turcs, et les dernières modifications y ont été apportées au XVIIIe siècle.
Trois portes de différentes époques permettent d’atteindre la partie la plus ancienne, après avoir gravi un escalier assez raide.


Après la deuxième enceinte, vestiges d’une maison en bois, d’un moulin et d’un puits à balancier qui nous rappelle la plaine hongroise. Egalement, une petite chapelle orthodoxe dans la montée.  



Parvenus à la troisième porte, grâce à des échelles et des escaliers taillés dans la roche, on atteint le haut de ces murailles naturelles d’où l’on a une vue grandiose. L’érosion a modelé des colonnes accidentées en formes suggestives. La couleur ocre donne une touche exceptionnelle à ce lieu.


En fonction de la luminosité, les formations gréseuses prennent des formes différentes selon notre imagination.


Au retour, aux abords de Belogradčik, nous traversons des quartiers misérables peuplés par des populations roms. Avec notre plaque F, nous n’avons peut-être pas intérêt à nous attarder (au vu des dernières décisions françaises d’expulser les Roms). Mais en Bulgarie, comme d’ailleurs en Roumanie, les Roms ne sont guère mieux traités. Ils subissent de nombreuses discriminations avec des conditions d’existence extrêmement précaires.
Nous empruntons d’abord de petites routes ; mais devant le mauvais état de la chaussée, nous gagnons la route internationale de transit qui nous mène à Vidin. La végétation commence légèrement à jaunir, et … toujours les chiens errants !
Nous sommes dans la plaine du Danube. A Vidin, on liquide nos derniers leva en faisant quelques achats. Nous nous dirigeons ensuite vers le ferry-boat par lequel nous allons traverser le Danube. Réflexion des douaniers entre eux : « francuski », avec un petit sourire. Ça veut dire quoi ? 
On nous annule informatiquement la vignette du pare-brise.
Et on embarque pour traverser le Danube par le ferry-boat, de 12h40 à 13h05. La croisière sur le fleuve promise à Viviane (!) n’est pas des plus romantiques. Coincés entre de gros camions de routiers, nous n’avons aucune vue sur le fleuve, excepté par la rambarde de débarquement. Et le vent souffle, et il fait gris !


Nous débarquons au port de Calafat, en ROUMANIE.
A l’instar de la Bulgariela Roumanie a intégré l’Union européenne le 1er janvier 2007.
Le premier mot de la part des douaniers : « Sarkozy » ! Les frasques du président de la République française ont un écho en Roumanie, surtout après les dernières décisions concernant les Roms. On fait comprendre que, non, ce n’est pas vraiment notre ami…

Cela ne nous empêche pas d’acquitter une taxe d’entretien du port… puis quelques mètres plus loin une taxe pour la commune de Calafat !
Une fois en ville, je cherche un distributeur de billets pour obtenir des lei. Avec la grisaille ambiante, on ressent comme une chape de tristesse sur la petite ville, d’autant que tous les commerces sont fermés puisque nous sommes dimanche.
On renoue par contre avec l’alphabet latin et avec le roumain, langue d’origine latine.
On s’arrête en bord de route pour manger dans le fourgon. Un chien errant vient s’enquérir de la raison de notre présence ici.
Les routes de Roumanie, par rapport à notre voyage de 2006, semblent en meilleur état, du moins sur les grands axes. On parcourt d’interminables villages-rue, en direction de Drobeta-Turnu-Severin, puis on longe le Danube jusqu’à Orşova. C’est la région des Portes de Fer, le long du défilé du Danube, frontière avec la Serbie. C’est l’endroit que la Yougoslavie et la Roumanie avaient choisi pour installer un gigantesque complexe hydroélectrique. Un immense barrage de plus d’un kilomètre s’élève au débouché des Portes de Fer.
La circulation est dense en ce dimanche soir, la route est encombrée de travaux tout le long du défilé. Et de plus, il pleut.
Direction maintenant les Carpates méridionales.
En soirée, on dégotte un tout petit camping providentiel au bord de la grande route, derrière un restaurant. Impeccable !
Une petite chienne nous adopte et nous rend visite régulièrement. Par la suite, nous allons manger au resto. Le repas est sympathique, et nous sommes seuls dans la salle.

Lundi 4 octobre 2010

En Roumanie aussi, il faut posséder une vignette routière, ce que nous n’avions pas compris à la frontière. C’est le restaurateur qui nous en informe. Je m’en acquitte à la première station-service rencontrée.

Paysages agrestes, avec des mottes de foin d’antan…


Après la traversée des Carpates méridionales, nous débouchons dans la plaine du Banat. On passe à Timişoara (on ne s’arrête pas, on connaît) et Arad.
Plus on s’approche de la frontière, plus on voir fleurir des propositions de ventes de vignettes autoroutières pour la Hongrie, et même pour les autres pays européens (Slovénie, Autriche...) !
Nous atteignons Nǎdlac à 16h. Quelques courses dans un magasin pour liquider nos lei. C’est la frontière. Pas de contrôle. Nous passons en HONGRIE (ici, il est 15h, heure occidentale).

Nous roulons jusqu’à Szeged. Inspirés par le GdR, nous recherchons le « Partfürdö camping ». Il existe toujours, mais il est fermé aux gens de passage. Après un coup de téléphone du gardien, présent sur les lieux, nous pouvons nous installer à 16h40. C’est un espace de bungalows sur pilotis au bord de la Tisza, qui fleure encore l’époque communiste. On branche l’électricité dans un bungalow, où nous pourrons aller aux toilettes et prendre une douche. La bombonne de gaz du camping-car choisit ce moment pour nous lâcher. Impossible d’utiliser la gazinière, car la nouvelle bouteille de gaz refuse absolument de se laisser faire (pas-de-vis défectueux). On mangera donc froid…

Mardi 5 octobre 2010

…Petit déjeuner avec l’eau chaude prise sur la gazinière du bungalow.
Au matin, nous faisons une promenade à pied au centre de Szeged. Superbe ville traversée par la Tisza. En 1879, la crue du fleuve la réduisit presqu’à néant. La plupart des nations européennes se cotisèrent pour la rebâtir. Le plan d’urbanisme reflète la création architecturale de la fin du XIXe siècle, faisant d’elle un petit Budapest de province. Une réussite !
Nous retirons des forints à un distributeur de billets.
On rejoint Dóm tér, à l’étonnant style gothique anglais, avec sa tour du XIIIe siècle et l’église orthodoxe serbe qui ont résisté à l’inondation, puis l’église votive de style néo-roman construite juste après. L’université est du même acabit. La macabre porte des Héros se situe juste derrière.
Elle rappelle le souvenir des soldats (les gardes blancs) de l’amiral Horthy, chargés en 1919 de nettoyer la Hongrie de ses « rouges ».
Klauzál tér est une place intime dont les pâtés de maisons avoisinantes ont servi de modèle pour la reconstruction.

Le ciel est toujours plombé. Après un passage dans un centre commercial, nous quittons les rives de la Tisza pour prendre la route. Le changement de niveau de vie, par rapport à la Roumanie, est perceptible.
A midi, on fait halte au bord d’une zone humide inondable, au bord du Danube.
Nous roulons ensuite vers l’est jusqu’à Siofok, au bord du lac Balaton. La « mer hongroise » s’est endormie depuis la fin de la saison touristique. Nous cherchons un camping. On s’inquiète, car les multiples campings et restaurants du bord du lac sont fermés. Après avoir longé la rive en vain, nous trouvons l’indication d’un camping à Balatonakarattya, au bord du lac, vers 18h.  Personne, mais la porte d’entrée est ouverte. On s’installe. Un peu plus tard arrive le gardien. Nous sommes seuls sur les rives du lac. [Ce camping se situe juste à côté de celui, maintenant abandonné, où nous avions dormi le 26 août 1982 lors de notre premier voyage en Hongrie. J’en reconnais l’entrée.]
La grisaille du ciel se confond avec les eaux du lac. Nous n’avons toujours pas de gaz…

Mercredi 6 octobre 2010

L’eau de la douche n’est pas suffisamment chaude pour le café du matin !
Je n’ai pas assez de forints pour payer la nuit. Comme il n’accepte pas les euros, le gardien se contente de la somme que nous possédons.
Quittant le camping, nous contournons le lac et le longeons par sa rive nord. Puis nous nous dirigeons vers la frontière de Rabafüzes. Nous suivons en cela le même trajet qu’en 1982. La sortie à la frontière n’est pourtant pas comparable. On ne voit personne, Union européenne oblige.
Entrée en AUTRICHE à 14h.

Nous roulons par de petites routes en Styrie (notamment le pays des pommes). Le GPS, que nous n’avons plus utilisé après avoir quitté l’Italie, nous guide au travers de petits villages splendides qui vivent de la récolte des pommes.
En Autriche, le camping sauvage est interdit ; on commence à s’inquiéter de ne pas trouver de camping. Miracle ! En voici un, près de Bruck-an-der-Mur, situé en bord de route, derrière un restaurant. Il est 17h45.

Jeudi 7 octobre 2010

Toujours pas de gaz. L’eau chaude des robinets des sanitaires ne suffit pas pour un bon café…
Nous continuons la traversée de l’Autriche jusqu’au Salzkammergut. C’est une région alpine, de lacs et de montagnes, à cheval sur la Styriela Haute Autriche et le pays de Salzburg. La brume cède la place au soleil, dévoilant de magnifiques paysages de carte postale : chalets, prés verts tirés au couteau, lacs aux eaux pures. Impression que les prés où paissent les troupeaux ont été passés au peigne fin. La transition avec les pays sud-européens est abrupte.
En fin de matinée, nous atteignons Bad Ischl. C’est une petite ville thermale, lieu de villégiature populaire.
L’empereur François-Joseph en avait fait sa résidence d’été. Il y célébra ses fiançailles avec Sissi. Nous parcourons à pied la ville qui a un petit air élégant et gentiment démodé de station thermale de fin de XIXe siècle. Nous mangeons par la suite dans un restaurant italien.

A 14h, à une douzaine de kilomètres de Bad Ischl, nous visitons Sankt-Wolfgang, une ville romantique très touristique sur le Wolfgangsee qui possède de remarquables maisons aux riches balustrades en bois.



L’église paroissiale, important lieu de pèlerinage au Moyen Age, propose un magnifique retable du peintre tyrolien Michael Pacher. C’est un chef-d’œuvre de sculpture gothique.


0n atteint Salzburg que l’on traverse en voiture. Auparavant, dans un grand magasin d’une zone industrielle, Viviane est parvenue à dénicher une bouteille de gaz.
On entre en ALLEMAGNE à 16h20, sans vraiment nous en rendre compte !
Nous faisons halte à 16h45 dans un camping, derrière un restaurant, au Hochsberg, près de Traunstein (Bavière).

Vendredi 8 octobre 2010

Nous parcourons le sud de l’Allemagne sur les routes de Bavière et du Baden-Würtemberg en nous laissant guider par le GPS. La journée est agréablement ensoleillée.
On longe le lac de Constance (Bodensee) par sa rive nord et on atteint dans la soirée Donaueschingen, au pied de la Forêt Noire. On s’installe dans un grand camping à Pfohren à 17h45. Encore beaucoup de monde, essentiellement des gens qui viennent passer le week-end dans leurs caravanes.

Samedi 9 octobre 2010

Nous traversons la Forêt Noire, passant à proximité du Feldberg, le point culminant (1493 m). Magnifiques couleurs d’automne (beaucoup plus précoces qu’en plaine), rehaussées par le jeu de la brume et du soleil. 
Dès que nous descendons vers la plaine, le brouillard s’installe. Puis c’est un ciel plombé qui prend le relais, phénomène d’inversion climatique habituel dans le fossé rhénan.
Franchissant le Rhin, nous entrons en France en fin de matinée.

Nous poursuivons notre trajet jusqu’à Saint-Fargeau où nous arrivons à 18h30. [8069 km de voyage depuis notre départ de Pers-Jussy le 12 septembre.]


*****

1 commentaire:

  1. Dans les roseaux il vous semble deviner trois silhouettes qui se passent des paquets... Pas un bruit ; mais peut-être un bateau plat plus loin... Ecrire une nouvelle policière ou un étrange texte poétique, ou les deux...

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