vendredi 8 avril 2016

2005 Iles anglo-normandes

Dimanche 5 juin 2005

Viviane et moi sommes arrivés hier à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor) chez d’anciens copains Patrice Verdure et Marie-Jo.
Le matin, nous faisons avec Patrice et Marie-Jo une balade sur le port de Binic. Nous y prenons l’apéritif.
A 15h, après le repas, tous les deux partons pour Saint-Malo (Ille-et-Vilaine). Nous nous promenons et flânons dans les rues de la vieille ville.
Nous laissons notre voiture sur un parking gardé devant le port, et, à 18h, nous embarquons dans un ferry de la compagnie Condor Ferries pour les îles anglo-normandes (ou îles de la Manche), qui sont des dépendances de la Couronne de GRANDE-BRETAGNE.

Les îles dépendent directement de la Couronne britannique : elles sont sous la souveraineté du duc de Normandie, titre détenu par la monarchie anglaise depuis la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant après la bataille de Hastings en 1066. Elles ne font pas partie du Royaume-Uni et n’envoient pas de député au Parlement. Elles n’ont pas intégré l’Union européenne.
Les deux bailliages de Jersey et Guernesey jouissent d'une autonomie interne, sauf pour la défense et la diplomatie. Un lieutenant gouverneur représente la reine, et un bailli détient le pouvoir législatif, exécutif et judiciaire.

La traversée dure une heure et quart. Vue panoramique sur la mer par de grandes vitres. Nous changeons de l’argent sur le bateau. Jersey et Guernesey frappent leur propre monnaie en parité avec la livre sterling : la livre jersiaise et la livre guernesiaise. Mais la monnaie anglaise est acceptée librement.
Nous débarquons à 18h15 (heure locale) à Jersey.
Nous prenons livraison d’une voiture de location réservée à l’avance. Volant à droite, levier de vitesse à main gauche…  Plongé immédiatement à la sortie du port dans la circulation de Saint-Hélier, la capitale de l’île, je n’ai pas trop le temps de réfléchir à la prise en main. Ça commence par un rond-point !
Heureusement, on trouve assez facilement le « Norfolk Lodge », un hôtel un peu excentré, lui aussi réservé à l’avance.
Après notre installation à l’hôtel, nous allons faire une promenade à pied à Saint-Hélier. Ce premier contact se fera sous la pluie. Les rues sont propres, les quartiers élégants, avec de petites boutiques de proximité et de grandes enseignes.
Mais la pluie ne faiblit pas. Nous recherchons un restaurant qui soit ouvert, sans trop choisir. D’une part, nous sommes dimanche ; d’autre part les îliens sont à l’heure anglaise, et les restaurants ferment tôt. Nous nous retrouvons dans un genre de pizzeria, sans originalité.
Après le repas, nous rentrons à l’hôtel. La pluie s’est arrêtée.

Lundi 6 juin 2005

Au matin, à l’hôtel, merveilleux breakfast anglais, servi en buffet : bacon, saucisses, œufs, champignons, pommes de terre, tomates cuites…
Nous laissons la voiture sur le parking de l’hôtel et allons nous balader à pied en ville.
Depuis le point de départ le plus facile à repérer, Liberation Square, nous remontons la Mulcaster Street, visitons l’église paroissiale : une petite église de granit du XIe siècle, à l’aspect campagnard et normand. Nous parcourons les rues commerçantes piétonnes : King Street, Queen Street, la Colomberie.
Sur Halkett Place, on pénètre dans le superbe marché couvert : déplacé en 1800, reconstruit en grande partie en 1882, c’est un bâtiment victorien typique, avec son architecture de colonnes métalliques, de verrières et sa fontaine centrale. Ici, personne n’interpelle les passants à voix haute. Le calme règne. On y trouve fruits et légumes, mais aussi fleurs, livres, bijoux, pâtisseries ou sandwichs.
Un autre marché plus petit et plus ancien, le Beresford Market, est le marché aux poissons, lui aussi abrité sous une halle de style victorien.
Au retour vers le port, on parvient à Royal Square, petite place à l’allure provinciale, pavée et ombragée, plantée de marronniers. Jusqu’en 1751, la place était appelée « le Marchi ». C’était une place de marché. Des criminels et des sorcières y étaient aussi étranglés ou brûlés vifs. On y exposait également des prisonniers dans des cages jusqu’au jour de leur procès.
On y trouve deux des plus anciens pubs de Jersey. Un imposant bâtiment de granit abrite le siège du gouvernement des Etats de Jersey et la Cour royale.
De 10h à 12h, nous visitons le musée de Jersey. Situé dans un ancien entrepôt du XVIIIe siècle, il retrace tout le passé de l’île, ses traditions et ses industries.

C’est l’heure de la pause. A Saint-Hélier, on sait tout de suite qu’il est midi. Les rues du centre ville se teintent de noir. Noir, comme les costumes et tailleurs stricts des employés des bureaux financiers qui sortent par toutes les portes, se dispersent dans les différents pubs ou brasseries sans oublier auparavant d’allumer une cigarette. A l’heure de la reprise, tout ce petit monde disparaîtra (cf. guide du Petit Futé).
Nous déjeunons, quant à nous, au « Hector’s fish’n’chips ». La cuisine y est copieuse. C’est un des meilleurs « fish and chips » de la ville : poissons en friture et pommes de terre garnies.

L’après-midi, nous grimpons jusqu’au fort Régent, facilement identifiable grâce à son dôme blanc inesthétique. Cette gigantesque forteresse fut édifiée entre 1806 et 1814, car on craignait une invasion des troupes de Napoléon. Le système défensif comprenait des tours, batteries, remparts, arsenaux. Tout cela pour rien, car la bataille de Waterloo mit fin au règne de Napoléon. Les troupes britanniques y demeurèrent néanmoins jusqu’en 1928.  Comme on ne savait qu’en faire, cet immense bâtiment est devenu un grand centre de loisirs. Sur les remparts, une promenade a été aménagée, d’où l’on jouit d’une belle vue sur le port, le château Elisabeth et la baie de Saint-Aubin.
« Elisabeth castle » est un château construit sur un îlot au milieu de la baie de Saint-Aubin. Il est accessible par un gué à marée basse, une allée dallée longue d’un kilomètre que nous empruntons depuis le front de mer. Son édification commença en 1590 et dura 10 ans. Bastion royaliste durant la guerre civile, la forteresse dut capituler devant Cromwell en 1651 après un siège de 50 jours. Les casernes aménagées en musées illustrent le rôle du château au cours de l’histoire de l’île. De la cour supérieure, on accède au donjon. Vue superbe.
Avant de rentrer, nous gagnons par une digue l’ermitage de Saint Hélier sur un îlot rocheux. Une chapelle y a été édifiée en mémoire de ce missionnaire qui christianisa Jersey, assassiné par des pirates.
Au retour, c’est la marée haute. La navette est assurée par un véhicule amphibie de la  Seconde Guerre mondiale, un des célèbres DUKW surnommés « ducks » ou canards). Disposant de 6 roues motrices, le véhicule se déplace dans l'eau à l'aide d'une hélice. Impressionnant !

Nous passons la soirée à Saint-Hélier.  
Dans la rue, nous croisons deux vieux qui parlent entre eux en dialecte français.
Jusqu’au début du XXe siècle, les îles étaient des territoires de langue française. Aujourd’hui, le « jèrriais », dialecte normand, ou le français ne sont plus guère parlés que par les habitants les plus âgés. Les actes officiels sont dans leur ensemble rédigés en vieux normand ou en français. Mais l’anglais est désormais la langue officielle.
Nous faisons halte sur Royal Square dans l’un des plus anciens pubs de Jersey : The Peirson,  du nom du héros de la bataille de Jersey qui eut lieu sur cette place. Derrière les vitres opaques, à l’intérieur, des tableaux commémorent cette célèbre victoire anglaise que les Français se sont empressés d’oublier ! On y déguste une bonne bière, méconnue…
Nous mangeons ensuite au restaurant de la Poste, sur King Street. C’est un resto populaire de cuisine française et méditerranéenne. Nous rentrons à l’hôtel vers 20h.

Mardi 7 juin 2005

Aujourd’hui, nous entreprenons le tour de l’île en voiture. La journée s’annonce ensoleillée.
D’une superficie de 115 km², Jersey est partagée en douze paroisses ou communes. En dehors de Saint-Hélier, il n’existe aucune autre ville.
L’île est découpée comme un damier par des haies et des routes qui la traversent de part en part. Les routes secondaires sont des rues, à la toponymie française. À la campagne, les noms de rue sont le plus souvent en français ou en jersiais.
Il s’agit de conduire doucement et prudemment. Les routes rurales sont étroites, bordées de haies ou de murets. La plupart du temps, il n’y a pas la place pour deux véhicules. D’inutiles 4x4 énormes de nouveaux riches encombrent les routes étroites ou les ruelles des villages, arborant leur plaque minéralogique internationale  GBJ. Des règles de conduite particulières s’appliquent. Les distances sont indiquées en miles et la vitesse est limitée à 40 miles par heure hors agglomération (60km/h).

Sur la côte est de l’île (paroisse de Saint Martin), domine le château de Mont Orgueil. Construit au XIIIe siècle pour protéger l’île contre les Français, il fut notamment assiégé par Bertrand Du Guesclin pendant la guerre de Cent ans. Après l’édification de l’ « Elisabeth castle » à Saint-Hélier, il perdit toute valeur stratégique. Ce château spectaculaire, à flanc de roche granitique, surplombe le port de Gorey.


A l’entrée, on accède à trois cours extérieures. Depuis le vieux donjon médiéval et la terrasse de Sumerset Tower, on a une belle vue sur la côte est de Jersey et les côtes françaises. 















Dans l’enceinte du château, une exposition retrace les grands épisodes de l’histoire de Jersey.
Nous retrouvons la voiture au village de Gorey, et nous nous dirigeons vers la côte nord. Dans la nature, dominant la baie de Rozel, on découvre le mégalithe le Couperon. Datant de 2400 avant J-C, c’est une allée basse couverte de sept mètres de long, entourée d’une enceinte de pierres levées, encore en très bel état de conservation.


Nous gagnons maintenant le village de Rozel, un délicieux petit port niché dans le creux d’un vallon boisé, bordé de maisons de pêcheurs aux couleurs pastel. La mer est à marée basse, les bateaux sont échoués sur la grève. 


Nous dégustons des sandwichs au crabe, attablés au soleil à l’extérieur d’une devanture toute simple : Hungry Man, une célébrité locale.
Lorsque nous quittons le village, la mer remonte et les bateaux sont à nouveau à flot.

Au nord-ouest de l’île, maintenant, la petite paroisse de Saint Mary. Le littoral est bordé de falaises et de grottes d’une grande beauté. La grève de Lecq est une petite plage agréable cernée par les falaises. Quant à Devil’s hole (le Trou du diable), c’est un gouffre à flanc de falaise que l’on atteint par un chemin qui descend en pente raide. 


Au début du parcours, une très kitch statue d’un diable dont les pieds à sabots trempent dans une mare verdâtre…


Tout-à-fait à l’ouest, la paroisse de Saint Ouen. En cours de route, nous faisons halte à  « Treasures of the earth », exposition de minéraux et de moulages de dinosaures, et atelier d’orfèvrerie qui fabrique des bijoux sur mesure. Et surtout, évidemment, des tonnes de souvenirs à vendre…

Longeant le très champêtre hippodrome de Jersey, nous atteignons la pointe nord-ouest de l’île où se situe le château de Grosnez, au sommet des falaises.


Il n’en reste que quelques ruines (une porte en ogive, des restes de remparts et de mâchicoulis). Ce qui est splendide, ce sont les landes, couvertes de genêts et battues par les vents.


La balade à pied est somptueuse, tout comme la vue sur Plémont Bay, une crique qui protège une des plus belles plages de l’île.


Nous rentrons à Saint-Hélier par la route des Moulins. La voie, encaissée, forestière, est très agréable. Dans les prés, nous apercevons quelques vaches de race jersiaise, brunes, de petite taille, affublées de grands yeux sympathiques. La Jersiaise est une des fiertés de l’île. C’est une race laitière, l’une des plus anciennes du monde, et la seule autorisée à Jersey. Malgré le succès de la race, le temps glorieux des bovins est aujourd’hui révolu. La spéculation financière s’avère plus rentable… Jersey est un paradis fiscal qui attire les fortunes du monde entier.

Nous passons la soirée dans les rues de Saint-Hélier.  
Au cœur de la ville, un bel hommage est rendu aux vaches : sur une place, autour d’un abreuvoir, les statues de trois vaches et leur veau se désaltèrent…
Actuellement, une exposition de dessins et peintures sur les façades traite du même thème. On y rencontre aussi une étrange sculpture : une colonne surmontée d’un crapaud, qui est l'animal national du pays. 


Les Jersiais sont surnommés par leurs voisins insulaires les « crapauds » parce que l'on en trouve à Jersey et pas dans les autres îles de la Manche. Les Jersiais se vengent des Guernesiais en les traitant d'ânes.
Sur Royal Square, c’est l’heure de la sortie des bureaux. La terrasse du pub “The Cock and the Bottle” est pleine de monde.


Nous retournons au pub voisin, The Peirson, pour y boire une pinte de bière « draught » (à la pression). Le pub propose également des plats. Nous resterons donc sur place pour dîner. Vers 21h, nous rentrons à l’hôtel.

Mercredi 8 juin 2005

Au matin, nous faisons encore une balade en voiture dans l’île. Nous visitons le site mégalithique de la Hougue Bie (paroisse de Grouville, au sud-est de l’île).
C’est un très beau monument néolithique funéraire, un dolmen à galerie sous un tumulus qui daterait de 3800 avant J-C. Claustrophobe, Viviane ne s’aventure pas avec moi dans le tombeau. 


Sur la longue butte, se dressent deux chapelles médiévales. La Hougue Bie est donc un sanctuaire païen sur lequel fut érigé un sanctuaire chrétien. Aux  abords, a été reconstitué un campement néolithique. Pendant la Seconde Guerre mondiale, les Allemands ont aménagé un bunker souterrain sous la butte. C’est aujourd’hui un musée d’archéologie et de géologie, et un mémorial pour les victimes de l’Occupation.
Il faut savoir que les îles anglo-normandes furent les seuls territoires dépendants de la Couronne britannique occupés par l'Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale. Ce fut une période de souffrance pour les îliens. La fortification des îles faisait partie du projet de construction du mur de l’Atlantique. De nombreux musées ou bunkers à l’abandon rappellent cette période de l’histoire.
De retour à Saint-Hélier, nous flânons dans les Jardins de la Mer, un jardin maritime ; nous arpentons les jetées qui protègent la marina et ses yachts impressionnants. Sur le port, nous rendons la voiture à l’agence puis prenons une collation dans un café en attendant l’embarquement.

De 12h45 à 13h45 : traversée en ferry vers l’île de Guernesey.
A l’arrivée à « St.Peter Port harbour », nous prenons en charge une voiture de location. Les immatriculations sont spécifiques au bailliage de Guernesey et les plaques internationales de même : GBG. On nous remet un prospectus sur les règles de conduite spéciales.
Fort de toutes ces informations, je prends le volant pour gagner l’hôtel que nous avions réservé par correspondance. C’est un agréable manoir champêtre, situé à quelques kilomètres de là, dans la paroisse de Saint-Martin, en pleine campagne (si l’on peut dire !).
Après notre installation, nous retournons à Saint Peter Port, la capitale du baillage de Guernesey. La ville est pleine de charme. Des raidillons, des ruelles, des escaliers. Nous parcourons le centre commerçant (High Street, le Pollet, les Arcades). On y trouve des bijoux faits main et les tricots de Guernesey. Quant au vieux quartier, il est particulièrement riche en magasins d’antiquités et de curiosités. Mais, comme à Jersey, les enseignes de banque sont omniprésentes. Tout comme Jersey, Guernesey est un paradis fiscal. Les taxes et impôts particulièrement bas par rapport aux autres états d’Europe y attirent pas moins de 80 banques internationales.
Dans le quartier du port, groupées autour des quais et de l’église paroissiale, des petites rues tortueuses offrent l’occasion de faire du lèche-vitrines ou invitent à se reposer dans un pub. Ce que nous faisons, à Albion House, près de l’église paroissiale. Je goûte à la « Guernsey brewery », une bière brassée sur l’île. Nous mangeons dans un petit restaurant sur le front de mer, en face du port. Ambiance marine pour touristes !

Par la suite, nous parcourons toute l’île en voiture jusqu’à 21h. Les distances sont tellement courtes ! Avec 60 000 habitants sur 63 km², Guernesey possède la plus forte densité de l’archipel. La population est si bien répartie que la campagne est uniformément gagnée par les habitations et par les serres de légumes et de fleurs. La vitesse maximale est fixée à 35 miles à l’heure. Les routes sont si étroites, bordées de hautes haies ou de murs en granit…
Aux intersections, les routes perdent leur priorité. Les zones sont quadrillées, avec les mots « filter in turn » sur un panneau ou sur la route elle-même. Les véhicules doivent passer à tour de rôle. Intéressant, à condition que l’on ait compris le système ! 

Jeudi 9 juin 2005

Même petit déjeuner copieux qu’à Jersey. Le beurre a ici une couleur jaune vif ou oranger due au lait très riche de la vache guernesiaise. Si les jersiaises ont le nez noir, les vaches de Guernesey ont le nez rose et sont plus grandes…
A 8h30, nous sommes à nouveau à Saint Peter Port.
Nous visitons l’église paroissiale. Tout près de là, les French Halles sont en pleine rénovation…et en voie de disparition ! En effet ce marché, autrefois le cœur de la vie locale, risque de devenir un hall de vente de souvenirs et d’artisanat pour touristes. A suivre…
Nous traversons le vieux quartier jusqu’au Trinity Square. La petite église date de 1789, la vieille pompe de 1876. Un soleil qui peine à réchauffer l’atmosphère matinale brille à travers les feuilles des platanes sous lesquels des bancs de granit sont installés.
Grimpant par des ruelles vers le haut de la ville, nous longeons les murs de granit de la Cour royale de Guernesey. C’est le siège du Parlement et du palais de justice, également le bureau du bailli. On profite aussi du passage devant le bureau de poste principal pour aller acheter des timbres-poste de Guernesey à ramener à notre ami Serge.

A 10h15, nous embarquons pour une traversée en bateau jusqu’à l’île d’Herm.
La vue sur Saint Peter Port qui s’éloigne est séduisante : bâtie à flanc de colline comme un amphithéâtre, la ville s’étage doucement tout autour du port.















La traversée dure vingt minutes.
On débarque à Herm Harbour, un port aménagé au XIXe siècle.
Herm est la plus petite des îles du baillage de Guernesey. Sa superficie est de 1,8 km². Elle compte actuellement 56 habitants permanents.
Propriété de la Couronne britannique, l’île fut donnée en location par les « states » de Guernesey à Peter et Jenny Wood en 1949, pour un bail de 100 ans. Ils sont enterrés sur Herm où l’on peut voir leur sépulture. Une de leurs filles, Pennie, mariée à Adrian Heyworth, a repris l’affaire familiale avec la même passion que ses parents. Le couple a trois filles qui ont grandi sur Herm.
On aborde sur un autre monde. Un véritable paradis.  Nous parcourons l’île à pied. Il n’y a pas de voitures -elles ne sont pas autorisées dans l’île-, pas de routes goudronnées, mais seulement des chemins et quelques tracteurs. Faune et flore sont protégées.
A côté du port, se trouve Harbour Village. Longeant un camping, le chemin s’éloigne vers le nord, sinue à travers la lande. 


Nombreuses tombes néolithiques. Tout à fait au nord, se dressait un menhir, la « Pierre aux rats », qui fut la proie des carriers et qui a fini à Londres en pièces détachées. Il n’en reste qu’un obélisque maçonné qui sert de repère aux pêcheurs.
Au nord de l’île on trouve de longues plages de sable fin. Shell Beach est la plus célèbre. A l’extrémité nord-est, elle est couverte de débris de coquillages accumulés à chaque marée. Viviane arpente la plage à la recherche de quelques raretés.


A l’est, au-dessus d’une petite plage au creux d’une baie, Belvoir Beach, un stand fait office de snack-bar où nous allons nous restaurer sommairement de hot-dogs sous des parasols.
Au sud, les falaises surplombent la mer, où nichent en particulier le macareux moine et le cormoran huppé.


On rentre par les prairies verdoyantes du centre de l’île. De part et d’autre, on jouit de magnifiques points de vue sur la mer.



La plupart des habitations y sont situées. On descend vers une chapelle normande du XIe siècle, Saint-Tugual’s chapel, restaurée par les locataires actuels de l’île, les Wood. Le Manoir, une demeure du XVe siècle, ancienne propriété de la couronne d’Angleterre, est leur résidence. Le magasin du village fait office de poste, d’épicerie et de boutique de souvenirs.
Il est 14h. C’est marée basse. Un tracteur attelé d’une charrette transporte les bagages des résidents de l’hôtel vers l’embarcadère de Rosière Steps, à 500 mètres au sud du port, moins exposé aux aléas de la marée.
De 14h55 à 15h30, nous rentrons en bateau à Guernesey.

A Saint Peter Port, de 16h à 17h, nous visitons Hauteville House, la maison d’exil de Victor Hugo.
En 1852, Victor Hugo, qui s’était exilé de France à la suite du coup d’Etat du 2 décembre 1851, s’installa à Jersey. Devenu indésirable pour avoir pris à partie la reine Victoria, il en fut expulsé et partit s’établir à Guernesey, moins royaliste que sa voisine. Il acquit cette maison en 1856 et s’y installa avec sa femme et ses trois enfants. Il y restera pendant 15 ans, jusqu’en 1870. Là, son imagination vibrera au spectacle de la mer et des côtes de France dans le lointain.
Visite guidée en français. La décoration de la maison est l’œuvre de l’écrivain lui-même, poussé par une imagination débordante. Elle repose sur le contraste et le foisonnement organisé. Un rez-de-chaussée sombre et lourd, des étages de plus en plus lumineux jusqu’à son cabinet de travail. Etrange, délirant ! On en sort abasourdis.
Nous parcourons ensuite en voiture le nord de l’île, jusqu’à Cobo Bay, une belle plage sur la côte opposée à la capitale. Nous buvons un pot et mangeons sur place, en face de la mer dans un restaurant aux baies vitrées, alors que le jour baisse sur les îlots rocheux et les barques de pêche.


Nous rentrons à l’hôtel vers 20h30.

Vendredi 10 juin 2005

Au matin, nous reprenons la voiture pour nous diriger vers le nord de l’île. On passe à Saint Sampson, ville portuaire très industrielle surmontée d’une cheminée de centrale électrique fort peu esthétique, où la plus ancienne église de l’île a du mal à respirer...
Parvenus à L’Ancresse Bay, au nord-est de l’île, nous nous promenons à pied vers le fort Le Marchant, sur la lande, en longeant un superbe paysage côtier.


Nous sommes surpris de voir les promeneurs ramasser les crottes de leurs chiens, même en pleine nature. Impensable en France !
Sur la lande, l’architecture des fermes et cottages rappelle parfois la Bretagne.


Influence du granit, mais surtout de l’immigration massive saisonnière des Bretons au XIXe siècle, qui sont à l’origine des nombreux noms de famille à consonance française que l’on trouve encore sur les îles de la Manche.

De retour à Saint Peter Port, sur le haut de la ville, nous allons visiter le musée de Guernesey. On y découvre un résumé du passé de l’île, ainsi qu’un aperçu de son architecture, de sa géologie, de sa faune et de sa flore.
Nous mangeons au « Dix neuf », une brasserie agréable proposée par le Petit Futé et située dans une des rues piétonnes près de l’église. Les serveuses sont jeunes et jolies, la cuisine est à notre goût !

A 13h15, c’est le départ de Guernesey en ferry.
Sur le bateau, une boutique duty-free nous permet de nous débarrasser de nos livres guernesiaises, à l’exception de quelques billets pour un copain numismate d’Alexia. Livres jersiaises et guernesiaises ne sont pas négociables en dehors de leurs frontières. Elles ne peuvent être ni utilisées ni échangées.
Nous débarquons à Saint-Malo à 16h (heure française).
Nous récupérons notre voiture et entamons notre trajet de retour. Nous arrivons à la maison, au Menoux, dans l’Indre, vers 22h30.


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