vendredi 8 avril 2016

2003 Cap-Vert

Lundi 10 mars 2003

Viviane et moi passons la journée à Ris-Orangis, chez Patrice et Christiane, jusqu’à 16h. Christiane nous emmène à l’aéroport d’Orly.
Départ de Paris à 18h55. Arrivée à Lisbonne à 20h15 (heure portugaise).
Nous patientons dans l’aéroport.
Nous décollons à 22h20 pour un vol Lisbonne – Sal, dans un avion de la TAP (Air Portugal). La durée de vol est d’environ 4 heures… 

Mardi 11 mars 2003

…1h25 (heure locale) : arrivée dans l’île de Sal, en République du CAP-VERT, un archipel de l’océan Atlantique au large de l’Afrique occidentale.

Les îles du Cap-Vert étaient  une colonie portugaise depuis 1460.
À partir de 1956, sous l’impulsion d’Amílcar Cabral, les indépendantistes du Cap-Vert et de la Guinée-Bissau s'allient pour former le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC). A la faveur de la « révolution des Œillets » au Portugal, la Guinée-Bissau obtient son indépendance en 1974 et le Cap-Vert l'année suivante, le 5 juillet 1975.
La République du Cap-Vert  vivra sous un régime de parti unique d'inspiration marxiste jusqu'en 1990. Cette année-là, le pays s'ouvre au multipartisme.
Exemple de stabilité sociale et politique en Afrique, c’est l’un des rares pays du continent à connaître l’alternance par le biais des urnes, en douceur et sans heurts.

Nous atterrissons à l'aéroport Amílcar Cabral. C’est l’aéroport international où arrivent entre autres tous les vols en provenance d’Europe.
Après les formalités douanières, les contrôles des visas, le change d’euros en escudos (la monnaie locale), nous rejoignons par taxi en pleine nuit le village de Santa Maria, au sud de l’île, à 2h30.
La langue officielle du Cap-Vert est le portugais mais les habitants parlent majoritairement le créole capverdien.
Mode d’expression de tout un peuple, il véhicule la pensée et la culture orale puis écrite des îles.
Nous logeons à la « pousada » da Luz, réservée à l’avance depuis la France. C’est une auberge à l’ambiance familiale et sympathique, conseillée par le guide du Petit Futé.
Une toute jeune fille nous attend, malgré l’heure. Nous gagnons notre chambre.
Surprise ! Nous pouvons laisser la fenêtre ouverte. Il n’y a pas de moustiques.
L’île de Sal jouit d’un climat chaud mais venté. L’anticyclone des Açores génère des vents. L’harmattan y souffle souvent. Ce qui explique l’absence de moustiques.

Au matin, nous prenons le petit déjeuner à l’auberge : avec le café, œufs au plat et « cachupa guisado » (cachupa de la veille revenue dans une poêle avec des oignons découpés).
La cachupa est le plat national, avec des légumes, des féculents et de la viande.
Nous allons ensuite découvrir le village. Maisons de style colonial aux couleurs pastel.
Nous gagnons la plage, sublime, baignée par une mer bleu turquoise et émeraude. Passées les zones à touristes, la plage déserte s’étend sur huit kilomètres, dépourvue d’aménagement d’accueil. 


La carcasse d’un voilier échoué tangue au gré de la houle.


Nous nous prélassons quelque temps, assis dans le sable, adossés à un rocher, la tête protégée par un bob. Le soleil grimpe dans le ciel. Nous sommes sous les tropiques !
Nous rentrons vers le village pour assister sur un vieux ponton vermoulu au retour de la pêche. A bord de barques ou de petits bateaux, les pêcheurs artisanaux ramènent leurs prises : thons, daurades, liches, cabots, rascasses… Les poissons sont immédiatement nettoyés et vidés ; les déchets sont rejetés dans l’océan !


Près du ponton, s’étend la zone touristique. Nous allons boire une bière de production locale (Ceris ou Cleps) dans un bar de la plage jusqu’à midi et demi.
La concentration touristique du Cap-Vert se situe à Sal. Elle est l’île qui se développe le plus vite, avec les plus grands complexes hôteliers du pays. Les vagues sont si belles et les vents si puissants pour la planche à voile et le surf !
Nous mangeons dans un restaurant au centre du village, l’Americo’s (relevé dans le Petit Futé). C’est à l’étage avec vue panoramique sur Santa Maria. Plateau de fruits de mer, arrosé d’un excellent vin blanc, le « manecom » qui vient de l’île de Fogo.
La gastronomie est riche et variée, influencée par l’Afrique et le Portugal. La base de l’alimentation traditionnelle reste le maïs et les haricots, complétée par la viande, le poisson et les coquillages.
Au sortir du restaurant, la chaleur (et l’effet du vin !) nous assomment. Le climat du Cap-Vert est de type tropical sec. Les nuages passent au-dessus du Cap-Vert mais ne s’arrêtent pas ! L’archipel, situé dans la région du Sahel, subit une période de sécheresse répétée depuis des siècles. Un front intertropical empêche l’avancée de la mousson à travers le pays. Les pluies y sont plutôt rares et très irrégulières, voire inexistantes.
On rentre se reposer à l’auberge.

Dans la soirée, on se balade dans le village. En fin de journée, c’est vraiment très agréable. La luminosité sur les rues pavées, les maisons coloniales, est adoucie. La population commence à sortir. 

















Sur un terrain vague, des jeunes s’entraînent à un match de foot…


Dans les rues, des colporteurs sénégalais indisposent par leur insistance. Sur la rue principale, une boutique d’artisanat local propose des articles cap-verdiens. C’est une exception. La plupart du temps, l’artisanat provient des pays voisins comme le Sénégal ou la Guinée-Bissau.
Nous nous réfugions dans un bar, le « Tam-Tam », tenu par un Italien. On y boit d’excellents punchs, à base de grogue et de mélasse.
Ensuite, on mange dans un restaurant jusqu’à 21h15 avant de rentrer à la pousada.

Mercredi 12 mars 2003

A 10h, nous louons un 4x4 dans une agence, pour la journée. Nous roulons vers le centre de l’île par une longue route bitumée.
Sal est une île plate de 20 km de long et 12 de large. Paysage désertique et lunaire, îlots de palmiers dont certains sont décapités ou desséchés, terre agressée par le vent, le soleil, le sel et le sable. 




On ne s’attend pas à un tel paysage dans des îles qui portent un nom si évocateur : le Cap-Vert.
L’archipel est composé de deux groupes d’îles. Les Iles-au-Vent sont les plus septentrionales et les plus ventées. Sal est l’une d’entre elles.
Nous roulons vers Espargos, principale ville de l’île. Ensuite, direction l’ouest vers Palmeira, petit port avec son village qui vit principalement de la pêche. Il est difficile de s’orienter, car les panneaux routiers sont relativement rares.
Nous contournons l’usine de dessalement d’eau de mer pour emprunter une piste. Nous longeons d’abord la baie de Palmeira sur une magnifique plage de sable.


Nous cherchons à rejoindre une localité que nous n’atteindrons jamais. La piste s’enfonce dans le désert. D’abord carrossable, elle côtoie quelques maigres cultures, s’insinue dans un vallon aride. Nous faisons une petite halte pour observer la rare végétation arbustive. 


Nous traversons une palmeraie en état de dessèchement partiel. 


La piste se dégrade, le véhicule 4x4 se retrouve même en situation délicate au dessus d’ornières instables. Dans un nuage de sable et de poussière, nous rebroussons chemin.
Retour à Espargos.
La ville n’offre que peu d’intérêt, si ce n’est l’animation nocturne du week-end où les bars et les night-clubs sont bondés. Nous mangeons au Sivy, un petit restaurant de cuisine traditionnelle sur la place devant l’église. Rural, sympathique, bon marché.
Par la suite, l’après-midi, nous nous dirigeons vers l’est. Nous visitons le site de Pedra de Lume. Ce sont des salines installées dans le cratère d’un volcan. Une croix sur une colline domine un petit port où sont amarrées quelques barques de pêche. Site étrange et curieux, exposé aux vents, avec ses baraquements abandonnés.





On acquitte un droit d’entrée à une petite baraque devant le site. On y accède par un tunnel creusé en 1804 à l’intérieur du volcan.


Rien ne semble avoir changé, le tunnel, les rails où circulaient les chariots pleins de sel en direction de la mer, les poteaux avec leurs poulies et les baraques pour les travailleurs.


Un capitaine portugais y commença l’exploitation du sel. Par la suite, le site fut cédé à la France, et la société des Salins du Midi en assura l’exploitation jusqu’à l’indépendance du Cap-Vert. Alors la production s’arrêta.
A l’intérieur du cratère, on descend vers une lagune en damier dans un cercle presque parfait, avec des bassins encore en eau. Des étendues de sel les entourent. 


Nous déambulons sur les petites digues recouvertes par une pellicule de sel qui séparent les bassins.


Aujourd'hui l'industrie fonctionne avec un strict minimum de personnes pour maintenir en vie l'activité, et la production sert à la consommation du pays.
Sur la rive opposée poussent des plantes grasses très vertes. Instant magique ! 


On se croit seuls, mais des lits de plage sont installés dans la lagune. Un groupe de touristes se plonge dans l’eau salée…
On retrouve notre voiture garée à l’extérieur du cratère près des baraquements. Nous quittons le site et empruntons des pistes dans le désert. Quand on en a marre de se perdre, on rejoint une route qui nous mène à Santa Maria pour 16h30.
Le sable et la poussière se sont infiltrés dans tous les interstices du 4x4. Je n’ose pas rendre le véhicule dans cet état. Un nettoyage s’impose, derrière les murs de notre auberge, avant de le rendre à l’agence.
A partir de 17h30, nous nous promenons dans les rues. Nous allons boire un punch au Tam-Tam, avant de manger dans un restaurant jusqu’à 21h.

Jeudi 13 mars 2003

Nous passons la matinée à Santa Maria, dans les rues, sur la plage puis au bar.
Des jeunes désœuvrés trompent leur ennui en buvant du grogue, une eau de vie à base de canne à sucre, boisson nationale.
Nous mangeons quelques sandwichs et gâteaux, dans un petit magasin-resto de quelques tables, avant de prendre à 12h15 un taxi pour l’aéroport.

A 14h35, nous décollons par un vol intérieur de la compagnie TACV (transport aérien du Cap-Vert) qui assure la liaison entre les îles. Après 35 minutes de vol dans un avion à hélice d’une quarantaine de places, survolant les îles de Boavista et Maio, nous atterrissons sur lîle de Santiago. C’est la plus grande des îles de l’archipel, et la plus peuplée.
Elle fait partie du groupe des Iles-sous-le-Vent, moins exposées au vent, donc plus chaudes.
Santiago est l’île africaine, riche d’histoire. C’est là que tout a commencé en 1460 avec l’arrivée des Portugais puis des esclaves, mélange qui a donné naissance au peuple cap-verdien. L’histoire de l’île a fortement été marquée par le trafic des esclaves et le commerce. Les bateaux qui sillonnaient la côte africaine et les négriers qui venaient se ravitailler en firent un port d’escale avant d’attaquer la longue traversée vers le Brésil.
Depuis l’aéroport (situé à moins de 10 minutes de la ville), nous gagnons en taxi PRAIA, la capitale du Cap-Vert, au sud de l’île, sur la côte, au-dessus d’une baie.
Le taxi nous dépose en plein centre devant le Residencial Praia Maria, où nous avions réservé une chambre. Seulement, voilà : la chambre est encore occupée pour cette nuit ! Soupçon de surbooking
On nous propose alors une chambre au Paraiso, une pension située non loin de là. Ce n’est pas le luxe, mais on n’a pas le choix. Nous nous installons à 15h30.

Après y avoir déposé nos sacs à dos, nous allons parcourir en long et en large le centre historique de la ville, le « Platô ».
Praia est devenue capitale en 1772, détrônant Cidade Veilha mainte fois attaquée et pillée par les pirates. A l’époque, c’était un simple village situé sur le platô.
Le platô est construit en damier : quatre ou cinq grandes rues parallèles entrecoupées de petites rues perpendiculaires. On découvre de très belles maisons coloniales et de beaux bâtiments qui abritent le palais présidentiel, les ministères, le palais de justice.
Les rues sont très animées. On y trouve un grand marché populaire tout en couleurs, avec fruits et légumes du pays, poisson et viande. 














A l’entrée, il faut enjamber les produits étalés à même le sol. Aux abords du marché, on rencontre beaucoup de marchands ambulants, ainsi que de nombreux changeurs de devises.
Dans les rues adjacentes, bazars, bars, nombreuses épiceries (les lójas) où l’on peut acheter tous types de produits. Les Cap-Verdiens y font leurs achats à crédit qu’ils soldent généralement en fin de mois.
De petits attroupements de spectateurs ou de supporters  attirent notre attention. Deux joueurs s’affrontent à l’awalé. Chaque joueur dispose d’une rangée de six trous contenant chacun trois graines et va tenter à tour de rôle d’en remporter le plus possible. C’est un jeu issu du continent africain et probablement arrivé dans l’archipel avec les premiers esclaves.
Depuis la terrasse du palais présidentiel, on a une vue sur la baie et l’îlot de Santa Maria avec son vieux bâtiment en ruine qui servait de léproserie.


Nous arpentons les rues jusqu’au soir. Sur la petite place Praçinha, à côté du cinéma, nous nous attablons à une terrasse dans la rue, au Sofia Fashion Café, pour y boire un punch. Agréable et sympathique, alors que la chaleur s’atténue.
Nous allons manger ensuite dans un petit resto dégoté dans le Petit Futé (« casa Pasto Amélia »). En fait, c’est dans la cuisine d’un particulier que l’on nous fait pénétrer. Nous y sommes seuls. Dans une ambiance familiale empreinte de curiosité, nous avalons un copieux plat de cachupa, suivi d’un petit verre de grogue.

Nous rentrons de nuit à la pension. Nous ne dormirons guère : le ventilateur dans la chambre ; le commissariat de police en bas dans la rue, bruyant, avec des discussions interminables et des éclats de voix ; et pour corser le tout un avion qui va et vient sur la ville pendant une grande partie de la nuit…
                                                                  
Vendredi 14 mars 2003

Au matin, après cette nuit mouvementée, nous prenons le petit déjeuner à la pension. Le café de Praia est d’excellente qualité, non exporté.
En dépit de la demande de notre hôte, nous retournons nous installer au Residencial Praia Maria. Situé en plein centre à côté du marché, cet hôtel offre une meilleure prestation. Notre chambre est à l’étage, moins bruyante car sans fenêtre vers l’extérieur, climatisée avec une salle de bain et de l’eau chaude.
Une fois installés, nous descendons à pied du platô pour nous rendre dans une agence de location. Nous louons une voiture pour la journée.

Nous allons traverser l’île par le centre, sur des routes pavées. Du nord au sud de Santiago, on compte 80 kilomètres de distance. C’est une île de montagne avec de nombreux massifs. De plus, l’activité volcanique a façonné le paysage de collines, de somptueuses vallées et de profondes ribeiras. La route pavée s’enfonce à l’intérieur de l’île. 


On y  rencontre de nombreuses plantations et des forêts ressuscitées grâce à une intense campagne de reforestation.



Au village de São Jorge das Orgaos, un climat frais et humide permet l’éclosion de bougainvillées. D’ailleurs c’est ici que l’on trouve l’unique jardin botanique de l’île.
Le « pico de Antonia » culmine à 1394 m. Quelques villages s’égrènent sur les flancs de la montagne.  Des femmes s’affairent dans les plantations. 



Assomada est la seule ville que nous traversons dans le centre de l’île. 


Son marché est réputé dans tout le pays. Pagne autour des hanches et foulard noué sur la tête, les femmes créent une ambiance très colorée.
A Santiago, la population a un type beaucoup plus négroïde que dans le reste de l’archipel, car bon nombre d’esclaves qui avaient fui dans les montagnes et ceux travaillant dans les plantations se sont mariés entre eux, conservant ainsi le type africain.
Surplombant  de vastes ribeiras, la route grimpe vers la serra Malagueta. Là-haut, vers 1000 m d’altitude, le paysage est étonnement vert. On se fait même surprendre par un léger brouillard ! Petite halte pour jouir d’une vue magnifique.


Après le passage de la crête, la route descend jusqu’à Tarrafal, un village de pêcheurs au nord de l’île.
On mange, près du petit marché, au café Sopa de Pedra, un modeste restaurant : assiette de riz, frites et poulet, arrosés de bière locale. A l’extérieur, devant le marché, des femmes proposent aux clients leurs poissons entassés au soleil dans des bassines en plastique.


L’après-midi, on descend se promener au bord de la baie de Tarrafal, sur une belle plage de sable blanc avec ses barques de pêcheurs colorées.


Nous allons ensuite visiter à Chã Bom un ancien camp de concentration portugais, qui était tant craint par les îliens. Les Portugais y commirent sur les prisonniers les pires atrocités, racontées encore par la population. Ce camp, destiné surtout aux prisonniers politiques, sera fermé en 1974, lors de la révolution des Œillets.
Nous parcourons les bâtiments délaissés. On peut y voir la chambre de torture et les anciennes cellules.


Le camp est délimité par des créneaux, des miradors et d’épaisses murailles. 


Devant l’enceinte, dans un baraquement, un musée de la Résistance abrite une exposition relatant l’historique du camp. Ça donne froid dans le dos !
Du linge pend devant les anciennes maisons des gardiens. Restées vides, elles sont aujourd’hui occupées par des familles. Des chèvres faméliques et des cochons errent dans la cour au milieu des enfants.















Pour rentrer, nous empruntons une autre route qui va de Tarrafal à Praia par la côte est. Le paysage est vraiment différent, très volcanique ; les plages sont pour la plupart faites de sable noir et le littoral est escarpé. La route pavée sinue entre les collines ; de petits groupes de bétail broutent sur les bas-côtés une maigre pitance ou occupent nonchalamment la chaussée. Prudence, donc… 


Le long de la route, on rencontre des femmes qui portent leur charge sur la tête, selon la tradition africaine.


On traverse une ribeira, zone de cultures avec une belle végétation : bananiers et palmiers, canne à sucre, cultures de piments, patates douces, haricots, manioc. 















Un peu plus loin, des vendeurs de fruits et légumes en bord de route nous font signe. Petite halte, contact sympathique. On achète une papaye, pour quelques escudos.

De retour à Praia, les reins un peu endoloris par les soubresauts dus aux pavés de la route, nous rendons la voiture à l’agence et rentrons à l’hôtel à 17h30.
Le soir, après avoir pris un pot sur la terrasse du Sofia Fashion Café, nous descendons à pied dans le quartier Achada Santo António. Nous y mangeons des brochettes au « Churrasqueira Dragoeiro » (cf. Petit Futé).

Samedi 15 mars 2003

Le matin, descendant du platô, nous nous rendons au marché de Sukupira. C’est un grand marché spécialisé dans les vêtements, les cassettes, les disques, les appareils photo et divers objets d’artisanat. Les commerces sont généralement tenus par des Africains de la côte ouest et quelques Cap-Verdiens.
De là, nous montons dans un « aluguer ». C’est un taxi collectif, moyen de transport populaire qui ne part qu’une fois plein. C’est un bon moyen de se mêler à la population, et ce n’est vraiment pas cher ! En attendant le départ, il faut toutefois supporter la musique de l’autoradio à puissance maximale qui nous casse les oreilles !

Direction Cidade Veilha, ancienne capitale du Cap-Vert, à 16 km de Praia.
Première ville du Cap-Vert, elle s’appelait auparavant Ribeira Grande. Cette petite ville s’est bien développée jusqu’au XVIIe siècle avant de céder peu à peu sa place à Praia, à la suite des incessantes attaques des pirates, dont Francis Drake et Jacques Cassard le Nantais.
Il ne reste pas grand-chose de Ribeira Grande : quelques édifices en ruine dont la fameuse cathédrale, la première de l’Afrique, et la forteresse.
Sur une petite place, au centre du village près du port, sous les cocotiers, se dresse le « pilhourino », pilori où étaient attachés et fouettés les esclaves qui se rebellaient ou tentaient de fuir. 



Tout près de là, une plage de sable noir avec ses parasols en bambou…


Nous traversons à pied les ruelles lovées sous la colline. Humains et animaux semblent vivre en symbiose. Les poules vaquent dans les rues, entrent dans les cuisines des habitations ; des enfants se prélassent sur un banc avec des cochons qui dorment sous leurs jambes…
Nous grimpons en plein soleil vers l’ancienne forteresse royale de São Felipe.
Deux enfants du village nous rattrapent et nous accostent sur le sentier, désireux de lier connaissance. C’est l’occasion de quelques photos. 















En leur compagnie, nous visitons la forteresse, bâtie au XVIIe siècle pour protéger des attaques de Francis Drake. Le site est en réfection. 














Sous une coupole qui sert de loge, il faut s’acquitter d’une entrée. Le gardien envoie les gamins au diable, mais comme des mouches ils reviennent tourner autour de nous, pas désintéressés. Tout à l’heure attachants, ils deviennent collants, quémandant bonbons et stylos. Il nous faut faire preuve de fermeté pour leur faire comprendre que l’on aimerait être seuls. Déception des enfants.
De la cour intérieure, on profite d’une vue splendide sur la verte vallée de la Ribeira Grande.


Il est midi. Nous descendons vers la plage. Nous nous attablons sous les parasols de bambou près d’un kiosque.


Quelques petits verres de grogue, le rhum local, en guise d’apéritif, et des brochettes pour le faire passer ! Nous allons y rester deux heures, suivies d’une balade dans les rochers du bord de mer, riches en crustacés. Peu à peu, la plage de galets et de sable noir s’anime. 


Une fête se prépare, avec des grillades, au bord de la mer.
Nous allons maintenant arpenter à pied la ribeira. Superbe balade à l’ombre au milieu des palmiers, bananiers, cannes à sucre et arbres fruitiers.














On y rencontre quelques ruines éparpillées d’églises et de couvents. Au pied d’un baobab, un petit oratoire en bois rappelle la foi vivace des Cap-Verdiens. 


Les Portugais ont introduit le christianisme. Le rôle de l’Eglise au sein de la société est dominant. La religion principale est le catholicisme, teinté de fétichisme et de spiritisme.
Quelques affiches d’information sur les risques de paludisme à Santiago attirent notre attention. Vu la situation ventée de l’archipel, les cas sont rares. Nous n’avons d’ailleurs pas  suivi de traitement  pour notre séjour, seulement une vaccination contre l’hépatite A et la typhoïde, pouvant se contracter en buvant de l’eau ou en mangeant des aliments mal lavés. Pour cela, nous ne buvons pas d’eau du robinet, mais de l’eau embouteillée.
Il est temps de rentrer. Nous rejoignons la place du « pilhourino » où les aluguers sont en recherche de clients. Nous n’attendrons pas longtemps.

Nous sommes de retour à Praia pour 16h.
Dans la soirée, nous allons prendre l’apéro sur la terrasse du Sofia Fashion Café, puis nous mangeons sur place. Un colporteur sénégalais nous importune un peu, s’installe auprès de nous, proposant ses babioles. On se laisse faire quelque temps, lui achetant même un pendentif. Par la suite, nous profitons de la douceur de la nuit pour faire encore une balade en ville, sur le platô. 

Dimanche 16 mars 2003

Ce matin, nous parcourons à pied les quartiers nord de la ville.
Sortant d’une lója, un jeune Sénégalais nous aborde, engage la conversation et se joint à nous. Il a plein d’histoires à raconter… Ce n’est pas du goût de Viviane. Au bout d’un moment, il me faut lui expliquer que nous préférons rester seuls. Il a l’air déçu et, tristement, nous laisse nous éloigner…

De retour sur le platô, nous mangeons dans un restaurant.
L’après-midi, nous parcourons les quartiers sud (Achada Santo António et Prainha). Ce sont les quartiers aisés de la ville. On y voit de très belles villas où sont logés en général les diplomates et les coopérants étrangers ainsi que quelques personnalités locales. A Prainha, les résidences surplombent la mer. Ces villas possèdent l’eau courante, ce qui n’est pas toujours le cas dans les quartiers populaires.
Dans le quartier Achada, nous sommes attirés par de la musique et un attroupement. Haut-parleurs à fond, c’est une fête de rue.


Nous rentrons à l’hôtel, récupérons nos bagages et gagnons l’aéroport en taxi.

De 18h15 à 19h, nous volons vers l’île de Sal.
C’était prévu, nous retournons à la « pousada » da Luz.
Nous sortons à Santa Maria jusqu’à 22h20. Après un passage au Tam-Tam, nous mangeons à l’Aquarium, dans un cadre sympathique face à l’océan.

Lundi 17 mars 2003

Aujourd’hui sera notre dernière journée au Cap-Vert.
Au matin, nous flânons sur la plage.


Le sable est chaud, la mer est d’huile ; le ponton est désert et le bar accueillant.
Nous mangeons à l’Americo’s.
Nous passons l’après-midi à attendre à la pousada da Luz ou nous promener au village : achat de vin de Fogo, passage à la Poste (correos) pour ramener des timbres à notre ami Serge.
Le soir, nous recherchons nos sacs à dos à la pousada.
Nous buvons un punch et mangeons une excellente cachupa au « Vulcao di Fogo ». Spectacle et animation musicale permanente. Les endroits pour faire la fête ne manquent pas. La musique est partout, d’origine africaine, brésilienne et européenne : funaná, coladeira, morna (rendue célèbre dans le monde entier grâce à Cesária Évora). L’archipel est une conjugaison de trois cultures dont il a su tirer parti.

Nous quittons Santa Maria en taxi à 23h pour l’aéroport Amílcar Cabral.
Mauvaise surprise : l’avion qui devait décoller vers minuit-et-demi est retardé.
Nous allons patienter à l’aéroport en compagnie d’un routard rencontré tout à l’heure au Vulcao di Fogo. On discute, on patiente au bar devant une bière en avalant un maigre sandwich, à côté d’une boutique d’artisanat avec des vendeurs fantômes…

Mardi 18 mars 2003

…On patiente dans un aéroport désert.
On décolle enfin à 3h.

A 8h (heure portugaise), nous atterrissons à Lisbonne. Suite au retard du premier vol, la correspondance pour Paris est bien entendu ratée.
Il nous faut à nouveau poireauter toute la matinée dans l’aéroport.
De13h15 à 16h30 (heure française), vol jusqu’à Paris.
Mon frère Pierre nous attend à Orly. Nous passons la soirée et la nuit chez Pierre et Sylvie, dans leur maison de Le Perreux-sur-Marne.


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